De Majorque à Ibiza

Partager sur facebook

Lundi 12 octobre 2020

Andratx-Sainte Eulalie, 64NM,  10h, 6,4 nœuds de moyenne

Aujourd’hui, traversée vers Ibiza.

Réveil à 7h, lever à 8h19 : la nuit a été peu reposante à cause du roulis. Il fait grand beau temps, la journée s’annonce belle. On récupère le linge à la marina, on y prend un petit déjeuner très moyen et on rentre sur Jasmin.

Il nous faut 3/4h pour remonter le moteur de l’annexe sur son support : ça roule pas mal, on cherche encore le bon protocole pour remonter ces 50kg en sécurité !

Nous quittons finalement Andratx à 10h45. Peu après 11h, mise sous voiles. GV en entier, à bâbord, et trinquette pour le cas où le vent soit supérieur aux prévisions. Et en effet, il tourne rapidement au NW entre 15 et 20 nœuds, puis se stabilise. On avance à 5 nœuds : il est temps de passer sous génois. Jasmin se réveille et file désormais entre 7 et 8 nœuds.

Un peu de vent, un peu de gite, ciel bleu : que de mander de plus ?

La houle de NW est assez forte, on observe des creux de plus de 3m ! C’est impressionnant…

Naviguer ainsi, au portant, s’avère bien plus agréable qu’au près. Hélas la forte houle met Béa un peu hors service.

Finalement la navigation se fera quasiment d’une traite, avec un vent relativement régulier de bout en bout. Je cible Cala Boix, sur Ibiza, pour atterrir à 18h15. C’était le Capharnaüm en bas : tout ce qui devait tomber avait rempli sa mission !

Mouillage sur le peu de sable rencontré, en évitant les posidonies. Cette nuit le vent devrait passer au sud, léger, et je pense qu’il n’y aura pas de houle. Demain on ira essayer la marina à Sainte Eulalie, un peu plus loin.

Au mouillage à Cala Boix…
NB : ça fait deux fois qu’en sortant le génois le bateau, sous pilote ou par mes soins, franchit le lit du vent et se retrouve donc à la cape. L’apprentissage suit son cours. En bordant bien le génois, Jasmin avance en fait assez bien, même à contre, pour pouvoir manœuvrer et virer de bord en reprenant sa route.

Mardi 13 octobre

La nuit a été un peu rouleuse, mais bonne, grâce aux bouchons d’oreille.

Nous étions sur 6m de fond (auxquels on rajoute les 2m de hauteur du davier), et j’avais mis 35m de chaîne ainsi que quelques mètres de câblot.

Ce matin le soleil brille et le ciel est bleu. Le vent est déjà établi au WNW, probablement. On décide d’aller se poser à la marina de Sainte Eulalie, proche d’ici. J’appelle pour réserver une place.

On met les voiles, GV & génois sur bâbord : nous naviguons au travers, le vent météo nous arrivant légèrement de l’arrière. 12 nœuds de vent apparent, 17 nœuds dans les rafales, Jasmin file entre 6 et 8 nœuds. Pas de houle, pas de vague. Nous faisons ainsi un long bord vers le large, le vent réel venant pile de … Sainte Eulalie !

Comme il fait beau, j’en profite pour expliquer à Béa comment réagit Jasmin. On est au 200°, au travers, voiles mal réglées : GV un peu débordée pour le confort (en naviguant à plat) et génois un peu trop bordé, pas efficace.

A l’aide du pilote, on remonte au vent, 10° par 10°. On constate ainsi qu’à chaque rafale Jasmin accélère, que le vent apparent augmente, que la gite s’installe un peu plus, mais que globalement … rien ne change.

Le vent monte un peu, on réduit le génois de quelques tours. Étrangement on continue à filer près de 8 à 9 nœuds avec le même vent, mais sans grosse tension dans les voiles.

Finalement on peut virer vers Sainte Eulalie et rentrer sur l’autre bord.

L’entrée dans le port est délicate : peu de fond, du vent bien marqué qui vient de l’intérieur du port. Nous devons nous amarrer au quai « carburant » avant le check-in. Pas simple avec ce vent. Un peu chaud même, mais on y arrive. Amarre AR bâbord en premier, le propulseur peut ainsi recaler l’étrave vers le quai. Nous apprendrons dans quelques mois, lors d’une escale sur le trajet de retour, à Estepona, que la « bonne façon » est de frapper l’amarre centrale du bateau en premier. Empêchant ainsi toute mise en drapeau sauvage et simplifiant son installation…

L’enregistrement auprès de la marina est rapide, nous partons ensuite nous installer au poste « A37 », le long du quai extérieur, à tribord. Le vent me pousse à l’intérieur de la place : c’est peu propice à une manœuvre en sécurité mais ça se passe bien.

Lavage du pont, brossage du teck, douche de l’autre côté du port.

Nous resterons ici demain.

Mercredi 14 octobre

Seconde journée à Ste Eulalie. Le temps est gris, le vent est fort, nous décidons de rester une nuit de plus sur place. Mais vers 13h la marina m’appelle pour me dire que nous devons changer de place et passer de A37 à A20. Une place étroite, entre deux grosses vedettes : à peine la place pour mettre Jasmin sans ses pare-battages !

Oui, mais voilà, il y a beaucoup de vent qui vient du nord, et nous arrive donc par tribord, vers le quai, rendant la future manœuvre scabreuse : je demande à rester à notre place. Refus direct, la place est réservée ! Galère en perspective, mais pas le choix, sauf à partir. Mais par ce temps, c’est aussi un choix médiocre.

On tente de sortir de notre place avec l’aide du marinero et de sa grosse annexe rigide. Il nous maintient sur tribord mais le vent me plaque sur le voisin de gauche.

Galère ! Galère ! Galère !

On a failli arracher un pare-battage au voisin et y laisser une canne à pêche !

Bref on finit par sortir et se retrouver dans le bassin. Je vais vers la place en question, je fais mon demi-tour pour me présenter contre le vent. Un essai, deux, trois : pas moyen d’entrer dans la place, trop risqué, le vent est trop fort, le marinero ne peut pas vraiment aider.

Je m’apprête à renoncer et à quitter la marina quand on nous propose de nous remettre le long du quai « carburants », en attendant que le vent baisse. OK ! Il nous faudra 3 marineros et 2 tentatives pour nous installer puis reculer un peu Jasmin pour laisser un peu de place. Merci les 150CV du moteur de Jasmin !

Finalement, le vent ne faiblit pas vraiment, la capitainerie nous autorise à rester ici pour la nuit.

Le vent dans une marina, malgré le propulseur d’étrave, n’est pas notre ami. Il me faudra encore vivre une telle expérience deux fois dans notre voyage avant d’en tirer la leçon : ne pas entrer dans une marina s’il y a du vent fort à l’intérieur !

Jeudi 15 octobre

Ce matin, beau temps après une nuit en partie infernale : coup de vent, pluie torrentielle… Je propose à Béa de faire un saut de puce sur Formentera, la météo semblant nous donner deux jours sans vent demain et après-demain, et une fenêtre pour rejoindre la côte espagnole dimanche ou lundi.
Après réflexion, elle me dit qu’elle préfèrerait rester ici quelques jours pour se poser : nous ne sommes pas pressés, elle revoit tous les rangements de Jasmin.

C’est aussi bien, j’ai un peu de boulot également.

On se déplace ce matin à l’emplacement prévu pour nous hier : sans vent, l’insertion se passe sans difficulté !

Départ prévu lundi matin, probablement vers Alicante. Le Cap-Vert vient de rouvrir ses frontières, je vais revoir notre routage pour y descendre comme prévu initialement. On passera Noël là-bas ou en mer, durant la transat…

Finalement nous allons rester presque une semaine à la belle petite marina de Sainte Eulalie, en hésitant à programmer un départ direct sur Gibraltar : 3 jours de mer…

Rester à Sainte Eulalie, c’est aussi l’occasion de retourner faire quelques courses…

Au retour des courses, nous constatons encore une fois que Grisette aime le poisson !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

À méditer…

Rien ne développe l’intelligence comme les voyages.

Emile Zola