Lexique

Lorsque j’ai publié les premiers articles concernant nos aventures maritimes, d’abord sur Facebook puis sur ce blog, la première remarque qui m’a été faite a été la suivante :

« C’est sympa ce que tu racontes, mais on comprend rien ! »

Le vocabulaire marin était, semble-t-il, un peu trop abstrait, un peu trop technique. Alors je me suis dit qu’un petit lexique serait le bienvenu. Pour nos visiteurs, bien évidemment. Mais aussi pour moi, histoire de voir si j’arrive à mettre une définition valide sur les termes appris depuis le début.

Pour le jeu, j’ai illustré une partie de ces mots par des petits exemples. Et une ou deux définitions fantaisistes se sont cachées dans ce lexique. Alors bonne lecture…

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

A

Abattée : quand le bateau se dit « ce vent commence à m’énerver, je lui tourne le dos », il change rapidement de direction. Partir à l’abattée : c’est quand le bateau se dit ça et tourne le dos au vent sans prévenir personne, en balançant l’équipage à la flotte.

Abattre : façon alambiquée d’expliquer à l’apprenti marin qu’il doit éloigner l’avant du bateau de là d’où vient le vent. Bon, l’apprenti marin ne sait jamais vraiment d’où vient le vent. En particulier quand il vient de l’arrière. Comme pour abattre il faut tourner la barre dans un sens, le débutant teste, au hasard. Quand il continue à entendre « abat : abat ! » il en déduit qu’il s’est trompé !

  • Abat un peu Béa, le vent a tourné
  • Dans ce sens ?
  • Non, abat…
  • Dans l’autre sens alors ?
  • Oui… abat…

Abordage : quand un bateau rentre dans un autre bateau sans lui avoir demandé sa permission. C’est l’abordage des pirates, mais aussi celui de ceux qui ne savent pas quoi faire quand le prof dit « abat ! abat ! ». L’abordage, c’est aussi le bateau qui entre en contact avec un autre bateau de façon involontaire :

  • Il nous a abordés à l’entrée du port alors qu’il était en train de ranger ses bouteilles de rosé sans nous voir !

On parle aussi d’abordage quand le marin s’adresse à une jeune femme sur le port, en espérant pouvoir la faire monter au mât.

Accastillage : terme qui désigne tous les équipements techniques dont on ne connait pas l’utilité ou qui tombent en panne et qu’on change souvent : poulies, pompes, manilles, etc.

Adonner : se dit quand le vent est généreux avec le voilier. En changeant d’orientation, il lui donne une certaine marge de manœuvre pour favoriser sa marche. Il souffle maintenant un peu plus de l’arrière, un peu moins du nez du bateau. Bon, quand on apprend la voile, on entend le terme mais comme on ne sait pas d’où vient le vent, on n’y fait pas attention.
En pratique, il faut changer le réglage des voiles, sinon, le bateau tourne…
Sinon, on change de cap : on ne touche pas aux voiles, mais on ne va plus au bon endroit ! Le contraire d’adonner est « refuser ».

  • Le vent adonne, Stéphane, pour garder ton cap, tu fais quoi au niveau de voiles ?
  • bah, je borde ?
  • oui, c’est bien, mais ça ira mieux si tu choques un peu…

Affaler : laisser tomber comme une masse :

  • Je me suis affalé sur les coussins après une nuit à la barre.

On utilise aussi ce terme quand on décide de redescendre les voiles, rapidement :

  • Affale, vas-y !
  • Mais bon sang, qu’est-ce que tu fous, pas toi, la grand-voile !

Affourcher : installer deux ancres dont les chaînes ou les tronçons de chaînes sont placés à 45°, quand les conditions de mouillage (à l’ancre) sont délicates. Pour le débutant, placer l’ancre principale est une chose qu’on apprend vite. Installer une seconde ancre de 30kg sur une chaine qui fait 3kg par mètre de longueur, à 45°, c’est de la magie.

  • A côté de nous, au mouillage, y’en avait un qui avait affourché en prévision du coup de vent de la nuit. Bon, quand ça a forci, il a pris peur, il a voulu partir : je te raconte pas la galère pour remonter ses deux ancres en pleine nuit sans se mettre dans la falaise…

Affréter : louer un bateau pour en faire ce qu’on veut. Quand on sait le faire.

Ajut : nœud qui sert à relier deux cordages. Comme on les lie par leurs bouts, les marins ont pris l’habitude d’appeler « bout » les cordages. Ils sont futés !

  • Moi, j’aime bien l’ajut d’orange
  • Moi, je préfère l’ajut de pomme…

Allure : direction dans laquelle va le bateau par rapport à l’axe du vent. On va ainsi de « vent debout », c’est-à-dire vent pile dans l’axe, jusqu’à « vent arrière ». Bon, soyons clairs : vent debout est une allure qui ne permet pas d’aller ni bien loin ni bien vite : vent de face, à la voile, le bateau n’avance pas. Voire même, il recule. Pour le coup, la première allure avec le vent plutôt de face est le « près serré ». Jadis, du temps de Tabarly ou de Moitessier, on disait « naviguer au plus près », ou « au plus près serré ». Mais le « plus » a disparu avec le temps.

  • T’as fière allure dans cette tenue, mais elle est pas un peu trop serrée ?

Amariner : c’est la période nécessaire à un terrestre pour ne plus avoir le mal de mer sur le voilier.

  • Il m’a fallu des mois pour m’amariner, qu’est-ce que j’ai dérouillé !

Amarre : cordage solide, légèrement élastique, qui sert à attacher le bateau sur un quai, un ponton, etc.

  • Lance-moi ton amarre, je vais la fixer sur la bite le long du quai…

Certains utilisent le terme en parlant de la chaîne quand on est à l’ancre. On voit bien qu’ils n’ont jamais lancé une chaîne de leur vie !

Amarrer : attacher, fixer un bateau le long d’un quai, d’un ponton, d’une bouée, etc. La technique semble simple, surtout quand on apprend en Méditerranée, en l’absence de marée. Mais avec le vent, les autres bateaux, les marées, les nœuds qu’il faut savoir faire et défaire rapidement, on se rend vite compte que ce n’est pas un jeu…

  • Le pauvre, quand il a voulu amarrer son rafiot, il a oublié qu’on était à marée haute : l’après-midi, il était pendu au quai ! On a bien rigolé…

Amure : pour une voile, c’est le point le plus en avant du bateau.

  • Tu as frappé ton amure sur la cadène ou tu l’as liée avec une estrope en Dyneema ?
  • Mais qu’est-ce qu’il me raconte ? J’ai attaché ma voile sur le truc au bout du bateau, c’est tout…

Amure : c’est le côté d’un voilier sur lequel il reçoit le vent.

  • J’ai navigué amure à droite tout le long.

Bon, quand on dit ça, on prend un coup derrière les oreilles rapidement, car sur un voilier il n’y a ni droite ni gauche. Alors on dit :

  • J’étais tribord amure quand ce fou m’a coupé la route !

Ancre : grosse pièce de métal de forme variée qui sert à tenir le bateau en position, à l’arrêt, le soir, après la balade. L’ancre est attachée solidement à une longue chaîne, elle-même attachée solidement au bateau. L’ensemble constitue la « ligne de mouillage » et fait l’objet de débats animés au bistrot du port…

  • T’as une Rocna ou une Spade comme ancre ?
  • Moi, j’ai ma vieille OCR et une Fortress en misère en cas de besoin…

Annexe : se dit du petit bateau transporté par le plus gros, et qui sert à aller faire les courses, prendre l’apéro sur le bateau des copains, pêcher, etc. L’annexe est souvent gonflable, équipée d’un petit moteur. Au mouillage, elle est souvent simplement attachée derrière le voilier. Aux Antilles, cette pratique mondialement utilisée a donné lieu à un joli proverbe, en référence à la générosité des plaisanciers qui laissent ainsi les locaux récupérer un petit bateau pour aller pêcher leur subsistance quotidienne…

  • annexe à l’eau, annexe cadeau…

Antifouling : sorte de poison mélangé à de la peinture spéciale, qui est passé sur la coque des bateaux afin d’éviter que les algues et les coquillages ne s’y fixent. Il faut le refaire tous les ans environ, en sortant le bateau de l’eau. C’est le côté écologique de la plaisance.

  • Moi, je mets un antifouling écolo, ça protège la mer. Bon, y marche pas trop, et faut gratter la coque tous les mois, mais c’est écolo…

Apparaux : ce n’est pas le pluriel d’appareil, qui est appareils. Les apparaux sont les équipements techniques du bateau : voiles, gouvernail, poulies, ancre, mais aussi guindeau, cabestan, etc. On n’utilise ce terme que chez les pros, dans les magazines, dans les bouquins sérieux.

  • Vos apparaux de mouillage sont fatigués, vous devriez les changer…
  • Hein ? qu’est-ce ki dit ? Mes éponges sont usées ?

Appareiller : faire tout ce qu’il faut pour partir en mer.

  • On appareille quand, cap’tain ?
  • Quand y’aura du vent petit, quand y’aura du vent…

Arborer : hisser un pavillon, un drapeau, pour le montrer :

  • Ce jour-là elle arborait une jupe, mon pauvre : un tourmentin qu’on aurait dit, tellement qu’elle était petite !

Ariser : prendre un ris. Et nom pas prendre un riz. En d’autres termes, réduire la surface d’une voile en en repliant une partie et en l’attachant soigneusement, par exemple quand le vent devient plus fort.

  • On avait pris trois ris dans la grand-voile et on filait encore 15 nœuds !

Armateur : millionnaire grec qui affrète des bateaux un peu partout.

Armement : ensemble des armes de poing ou armes à feu qu’il faut éviter d’avoir sur un bateau sous peine de finir sa vie en prison dans de nombreuses escales. Se dit aussi du fait de préparer un bateau pour prendre la mer. L’armement hauturier, par exemple, comporte d’innombrables éléments de sécurité : balises, feux, bouées, canards, livres de prière, etc.

  • Ton voilier, il est armé hauturier ?
  • Bah non, quelle idée, c’est un voilier, j’ai pas d’armes à bord, t’es con…

Arrimer : attacher les choses à bord pour éviter qu’elles ne se promènent toutes seules pendant la navigation, sous l’effet du roulis et du tangage.

  • T’as bien arrimé les bidons de gas-oil ?
  • T’inquiètes pas, ça tiendra mieux que toi l’autre soir après l’apéro !

Assiette : récipient plutôt plat, plus ou moins profond, dans lequel on met traditionnellement la nourriture pour manger. Par analogie, se dit de l’attitude du bateau, selon son axe avant-arrière. Il en va de même pour un avion. Si vous voyez l’analogie, n’hésitez pas à composer le 7 23 45 sur votre téléphone et à dire « Assiette ».

Atterrir : le fait de regagner la terre. Contrairement à une idée reçue, ce n’est pas un terme d’aviation mais de marine. Décoller, que nous verrons plus loin, n’est pas non plus un terme d’aviation. Certains affirment que ça vient de « décoller le bateau du quai » mais il semble que l’expression provienne du monde des artisans peintres, qui décollent le papier des murs. Comprenne qui pourra…

Atterrissage : endroit où l’on espère toucher terre.

  • On avait tellement picolé qu’on n’a atterri que trois jours après, derrière le bar !

Au vent : côté d’un bateau sur lequel tape le vent, côté d’où vient le vent. Sur un grand voilier, c’est le côté où se trouvera le barreur, les voiles masquant l’horizon au poste de barre sous le vent. Pour une île, c’est la côte frappée par les vents dominants, souvent pluvieux, vert, plus frais que le côté sous le vent.

  • J’ai installé un auvent sur mon voilier, comme ça on peut manger dehors quand on est au mouillage…

Aussière : gros cordage dont l’extrémité est en forme de boucle, appelée « œil », qui sert à amarrer le bateau sur une bite. Souvent très longues et solides.

Autolofée : sorte de figure acrobatique qu’exécute un voilier quand il décide, de sa propre initiative, d’aller se mettre face au vent. Il tend alors à se coucher vivement, éjectant son équipage à la mer, faisant voler toute la vaisselle du midi à l’intérieur du bateau. On dit aussi « partir au lof ».

  • Attention, il lofe, il lofe : abat ! abat !
  • Abat !
  • Glou glou glou…

Avitailler : action d’approvisionner le bateau en vivre, en boissons, carburant, etc. en vue d’un appareillage. Si on oublie des trucs, il faudra recommencer : on ira alors se ravitailler. Avec l’annexe…

B

Bâbord : quand on regarde vers l’avant d’un bateau, c’est son côté gauche.

  • Gaffe, y’a un pédalo à bâbord !

On associe généralement la couleur rouge à bâbord. Par exemple pour les feux de navigation des bateaux. De nuit, si on voit les feux rouges d’un autre bateau devant soi, on sait qu’on voit son côté gauche bâbord. Si on voit ce feu rouge à notre bâbord, alors on sait qu’il n’y aura pas de collision. Si, si, réfléchissez bien…

  • Rouge sur rouge, rien ne bouge, vert sur vert, tout est clair

Ça se complique pour les couleurs des balises dans les ports : ils sont rouges à bâbord quand on rentre au port. Mais verts à bâbord quand on sort. Sauf aux Antilles, au Japon et aux États-Unis où c’est le contraire. Comme c’est le bordel, les plaisanciers naviguent de jour et restent au mouillage le soir venu !

Baille : compartiment de rangement. Sur un voilier, il y a la baille à mouillage, à l’avant, dans laquelle est rangée la chaîne. On ne sait pas si le verbe bailler vient de l’ampleur de ces compartiments ou si leur nom a été donné en rapport avec la propension qu’avaient certains marins en charge du mouillage et des rangements à ouvrir grand la bouche de fatigue tant ils servaient à peu de chose…

Balancine : cordage qui sert à retenir un équipement technique long et rigide servant lui-même à l’utilisation des voiles. Pour les connaisseurs, ces équipements s’appellent des espars. Par exemple, il y a un élément horizontal attaché au bas du mât, qui s’appelle la bôme. Pour ne pas tomber, celle-ci est soutenue, à l’arrière, par une balancine. La balancine permet d’ajuster l’espar (puisque maintenant vous connaissez le terme) verticalement.

  • Libère un peu la balancine, t’as trop de creux

Balcon : rambarde souvent en inox qui est située à l’arrière du bateau, et évite de tomber par-dessus bord en cas de gros temps ou quand a le mal de mer.

  • Elle est où Béa ?
  • Elle est au balcon, elle nourrit les poissons…

Balise : gros objet flottant ou fixes, de formes et de couleurs diverses, ayant des significations variées et normalisées. Danger, localisation, identification, etc.

  • Quand tu arrives dans les parages, tu balises un max à cause des rochers

…est un conseil qui invite à repérer la balise annonçant le danger en question.

Barre : dispositif qui permet de manœuvrer le gouvernail en vue de modifier la direction de navigation. Il peut s’agir d’une barre (on s’y attendait…) mais aussi d’une roue. Oui, la logique des marins n’est pas la nôtre…

  • Tu me remplaces à la barre, je vais aller prendre un ris, j’ai faim !

Barre : se dit de la ligne de hauts fonds, souvent sableux, mais pas nécessairement, sur laquelle les vagues du large viennent se briser, rendant le franchissement sportif, voire dangereux.

  • Tiens bon la barre, on doit la franchir…

Barre de flèche : petits espars (vous savez, ces trucs rigides qui sont installés un peu partout sur un voilier) fixés latéralement, de part et d’autre du mât, servant à fixer, raidir voire galber le mât, grâce aux haubans. Plus le mât est haut, plus il y a de rangées de barres de flèches (deux à chaque fois).

  • Tu as vu celui-là : trois barres de flèches !
  • Ouais, encore un prétentieux…

Bar : sorte de loup de mer.

Bar : installation portuaire indispensable à la vie du marin, dans lequel il peut aller boire avant et après les sorties en mer, tout en relatant ses aventures, ses incidents, ses anecdotes. Le bar de ligne est un bar que l’on trouve sur les côtes océaniques, tout en longueur, le long des quais.

Bastingage : installation en bordure du navire, destinée à empêcher de passer trop facilement par-dessus bord. Il peut être rigide, mais il est souvent constitué de filières en acier torsadé posées sur des chandeliers verticaux.

Batterie : double rangée de canons avec lesquels il est désormais d’usage de faire la cuisine.

Batteries : équipements lourds, chers et encombrants qui assurent l’autonomie électrique d’un bateau. Au plomb, AGM ou gel pour les plus classiques. Lithium pour les plus récentes, et les plus chères…

  • T’as combien de batteries toi, sur ton canot ?
  • Actuellement j’ai 16 batteries 120Ah sur deux parcs, une service 12V, une moteur 12V et une 12V pour le groupe, pourquoi ?
  • Bah, pour charger tout ça, t’as aussi la centrale nucléaire portable ?

Barrot : pour nos voiliers, la hauteur sous barrot désigne la place disponible verticalement à l’intérieur du bateau.

Bau : quand il est maitre, il désigne la plus grande largeur du bateau.

  • Il y a 6m entre les poteaux : tu fais combien au maitre-bau ?
  • 6m ?
  • Ça va être chaud !

Beaufort : échelle de mesure de la force du vent. Elle comporte 13 degrés, de 0 à 12. A 0, il n’y a pas de vent : le marin se désole. A 12, on est en ouragan, le marin se désole. On parle de force du vent, personne ne sachant vraiment quelles vitesses correspondent.

  • On était à force 5, peinards, quand on s’est pris une claque à 7/8 sans prévenir. Je te dis pas le petits, ils étaient blêmes…

Bitte : pièce d’acier, de fonte, installée de proche en proche le long des quais, servant à amarrer les bateaux.

  • Oh l’autre eh, il a dit bitte… (Kevin, lors de sa première leçon…)

Biture : longueur de la chaîne disposée sur le pont en attendant le mouillage.

  • ah, lui, hier, il s’est pris une sacré biture !

Bollard : bitte mais écrit avec d’autres lettres…

Bon plein : allure dans laquelle le voilier se trouve dans un angle entre 45° et 60° du vent apparent, qui souffle donc plutôt de l’avant du bateau. C’est une allure agréable, dans laquelle on tape moins dans les vagues du vent, la gite est moindre, la vitesse plus élevée. On reste sensible aux rafales, comme toujours : une rafale puissante et soudaine fera alors giter le bateau très vite, parfois fortement, et il « partira au lof ». La vigilance est donc nécessaire. Comme toujours sur un voilier, on parle du vent apparent, le seul que les voiles peuvent exploiter.

Bosse : cordage ayant une utilité particulière. Bosse d’empointure : elle relie le point d’écoute (celui qui est derrière) de la grand-voile à la bôme. Bosse de ris : servent à réduire la surface de grand-voile. Etc.

  • J’allais vérifier la bosse d’empointure quand je me suis pris la bôme sur le front : ça m’en a fait une sacrée…

Bossoir : dispositif qui permet de relever l’annexe derrière le bateau, en navigation ou aux Antilles.

Bouée : dispositif flottant aux usages et tailles multiples. Il y a ainsi les bouées de signalisation, qui servent au balisage (dangers, entrées de port, etc.). Il y a les bouées qui sont fixées par une solide chaine sur un corps-mort immergé, et sur lesquelles on peut s’amarrer. On a aussi une bouée sur les bateaux, que l’on lance quand un équipier passe à la mer…

  • Tu as vu Killian, il boit tellement de bière quand il est à terre, qu’il a plus besoin de bouée quand il tombe à l’eau
  • Ah, m’en parle pas, il est tellement rouge, il sert de balise pour rentrer au port !

Bout : on prononce « boute ». C’est un cordage quelconque, sur un bateau. Une drisse pour hisser les voiles, une écoute pour les utiliser, une bosse pour actionner les apparaux, une garcette pour attacher ce qui doit l’être, etc. L’usage étant de ne jamais utiliser le mot corde, sauf pour sonner la cloche, ou quand on pend quelqu’un. Ce qui se fait rare malheureusement de nos jours. On utilise aussi le même mot pour désigner l’avant du bateau dans certains cas :

  • Allez, mets-nous bout au vent qu’on puisse affaler la grand-voile…

Bout-dehors : espar (on l’aime bien ce terme, surtout quand on lit le lexique dans l’ordre) fixé à l’avant du bateau (le bout ci-dessus), qui déborde généralement de la structure, et sur lequel on viendra fixer une voile spécifique : spinnaker, gennaker, etc.

  • J’te jure, en rentrant du bar j’avais le bout-dehors à poste, prêt pour le spi : j’en ai mis partout !

Brassière : équipement servant à protéger le marin imprudent de la noyade en cas de chute par-dessus bord. La brassière se gonfle alors automatiquement. On dit aussi gilet de sauvetage.

  • Tu as vu chéri, je me suis achetée une nouvelle brassière pour faire du sport…
  • J’suis en train de regarder téléfoot, tu gonfles à la fin !

Briquer : nettoyer le pont d’un navire avec des briques. Inutile de dire que sur nos voiliers actuels, on n’a pas de briques. Du coup, on ne brique pas le pont !

Brisants : vagues impressionnantes qui brisent sur la côte, souvent rocheuse, ou sur une barre, un banc, etc. L’expression « Tu me les brises » viendrait de là, mais les sources ne sont pas consensuelles sur le sujet.

Brise : nom que l’on donne au vent quand on ne sait pas quoi dire d’autre. On parle aussi de brise quand le vent ressenti provient d’un phénomène local, lié à l’ensoleillement et à la géographie. Ainsi, la brise de mer souffle de la mer, quand l’air est plus chaud sur les terres. L’inverse est la brise de terre. Dans ces deux cas la brise n’a rien à voir avec le vent météo.
Plus concrètement, l’échelle de Beaufort donne cinq version de la brise :

  • force 1 : très légère brise
  • force 2 : légère brise
  • force 3 : petite brise
  • force 4 : jolie brise
  • force 5 : bonne brise

Naviguer dans la brise ne permet pas d’aller bien vite, mais offre des conditions de navigations agréables. Bon, à partir de force 4, car en-dessous, franchement, on rame !

  • Il soufflait une belle petite brise

C

Cabestan : gros treuil dont l’axe est vertical, qui sert à enrouler un câble, un cordage. On y insère des bras de levier horizontaux, poussés par des hommes.

Cabine : chambre, en plus petit.

  • Dis, on a mis nos valises dans le placard, on dort où sur ton bateau ?
  • Bah, dans la cabine, là où t’as mis les valises : c’est pas le Ritz ici !

Câble : lien métallique, en acier torsadé inoxydable, servant par exemple à haubaner un mât.

Cabotage : fait de naviguer le long des côtes, de port en port ou de mouillage en mouillage. A l’opposé de la navigation hauturière, faite au large, sur plusieurs jours bien souvent.

  • Et vous êtes allés aux Antilles en cabotage ?
  • Oui, ça nous a pris deux ans, on est passé par l’Afrique, l’Arabie, l’Inde, on est remontés par la Chine puis la Russie, on a traversé Behring, on a remonté le passage du nord-ouest, on est redescendu par la côte atlantique…
  • Et c’était pas plus court en transat ?
  • A surtout pas, la traversée est bien trop longue, l’hauturier, c’est pas pour nous ! Navigation trop engagée…

Cadène : pièce métallique, en général, solidaire du pont ou de la coque, sur laquelle on vient fixer un câble, un cordage, une poulie, etc. Accessoirement, c’est aussi un ennemi des orteils quand on marche pieds nus sur le pont !

Cale : endroit exigu sous le pont ou le plancher, dans lequel sont stockées les marchandises, les réserves, etc.

Cambuse : partie du bateau dans laquelle on entrepose les vivres pas encore utilisées ou cuisinées. En pratique, sur un voilier de grand voyage, c’est partout où l’on peut !

Cap : direction vers laquelle pointe le nez du bateau. Ça n’est pas la direction vers laquelle on se dirige : les courants, la dérive due au vent influent sur la trajectoire suivie.

  • Cap au large !
  • Pas assez précis Captain…

Cape (mettre à la cape) : action de positionner le voilier et de régler les voiles pour qu’il s’immobilise à l’endroit où il se trouve, se contentant de dériver. On met à la cape quand on veut déjeuner tranquillement, par gros temps pour se reposer en sécurité, pour cesser de bouger en essayant de récupérer un homme à la mer. Génois à contre, grand-voile choquée, barre sous le vent…

  • Dis papa, Zorro il gardait sa cape quand il mangeait ?

Capeler : fixer l’œil d’une aussière sur une bite ; enfiler un vêtement. Par extension, attacher un truc sur un autre.

  • Un tour mort, deux demi-clés à capeler n’ont jamais manqué.

Cap-hornier : le bateau ou le marin qui franchit le cap Horn. Pour les marins expérimentés ou imprudents. Ou pour les touristes chanceux…

Capitaine : c’est comme ça qu’on doit s’adresser à moi sur Jasmin, épicétou ! J’accepte aussi « Cap’tain » ou même « Chef ».

Carénage : série d’opérations récurrentes qui servent à réviser et entretenir la coque d’un bateau. En principe, on le sort de l’eau pour ça. C’est là qu’on passe l’antifouling.

  • On sort la semaine prochaine ?
  • Non, j’ai le carénage à faire…

Carène : partie immergée du bateau. Techniquement plus petite que la longueur totale.

Carré : partie intérieure de nos bateaux, constituant le salon, la salle à manger, le bureau et accessoirement la cuisine.

  • T’es où bordel, j’ai besoin d’un coup de main !
  • Je suis dans le carré, je me repose…
  • C’est pas le moment !

Cercle d’évitage : surface que le bateau va potentiellement balayer au mouillage, si le vent ou les courants changent. Son rayon est égal à la longueur de la chaîne mouillée pour l’occasion. Idéalement, on fait en sorte que chaque bateau établisse un cercle d’évitage qui ne recoupe pas celui des copains. Le problème étant que certains sont optimistes, et ne mouillent qu’une petite longueur de chaîne, alors que d’autres anticipent un changement de temps et prennent plus de sécurité. Quand le vent tourne, ça touche !

Chandelier : tiges métalliques verticales, fixées sur le pont le long du bord de la coque, servant à supporter les filières, elles-mêmes destinées à éviter les chutes à la mer.

  • Au retour, on avait force 8, les chandeliers dans l’eau…

Chantier : endroit où l’on fait entretenir un bateau.

  • Tu avais tant de choses à faire pour préparer ton voilier pour un tour du monde ? Parce que là, c’est le chantier !

Chantier naval : endroit où l’on fabrique les bateaux, mais aussi endroit où on les réparer, les entretient, etc.

Chargeur : appareil électrique qui permet de recharger les batteries d’un voilier. On peut se charger à partir du quai (110/230V), avec un groupe électrogène, via des panneaux solaires, etc.

Chasser : quand l’ancre dérape sur le fond, au mouillage, parce qu’on n’a pas mis assez de longueur de chaîne, qu’on a négligé la houle, la qualité du fond, qu’on a ancré comme des bras-cassés, qu’on a une ancre médiocre…

  • On a chassé pendant la nuit, d’un peu plus on était échoués !
  • Et vous avez pris quoi ?
  • Bah oui, vous avez chassé, vous êtes rentrés avec du gibier ?

Chaumard : pièce d’accastillage qui sert à guider les amarres à l’entrée sur le pont.

  • Passe l’amarre dans le chaumard, ça évitera de raguer trop…
  • Qu’est-ce tu dis ?
  • Passes l’amarre dans l’espèce de trou que tu vois, là…
  • Ah, OK, fallait le dire tout de suite…

Chavirer : quand le bateau se retrouve à l’envers, après un grave incident. Pour un voilier, il faut par exemple une très forte déferlante, lors d’une tempête. Mais un voilier est conçu pour se remettre « à l’endroit » tout seul. Cela dit, ça ne présume pas que tout le monde st toujours à bord.

  • Cette fille m’a fait chavirer…

Chef de bord : terme réglementaire qui désigne le capitaine, et donc le responsable sur le bateau.

Choquer : détendre, donner du mou, libérer un cordage. C’est le contraire de border.

  • J’avais trop chaud cette nuit, j’ai dû choquer les draps à fond…

Chute : la chute d’une voile est le bord arrière, toujours libre. Sa forme souvent courbe et ondulante permet d’utiliser le terme dans d’autres occasions :

  • T’as vu celle-là, la chute de reins ?
  • Gabriel, calme-toi, c’est juste Marie qui sort les moutons en attendant Joseph…

Coaltar : sorte de goudron épais, collant et visqueux anciennement utilisé pour enduire la coque des bateaux. Le coaltar dégage un gaz toxique, qui, si on le respire, plonge le cerveau dans un état similaire à celui de la coque en question : collant !

  • Jeudi soir on a tellement picolé que j’ai été dans le coaltar complet jusqu’à samedi, tu te rends compte !

Coffre : bouée reliée à un corps-mort ancré au fond, sur laquelle on peut venir amarrer le bateau. La prise de coffre est une technique à maîtriser pour le navigateur au long cours.

  • T’as mis où les courses Gabin ?
  • Ben, dans le coffre, pourquoi ?
  • Parce que tu t’imagines que je vais aller dans l’eau les chercher, t’es ouf toi !
  • Non, dans le coffre de la voiture…
  • Mais tu le fais exprès : on est en mer maintenant, on va manger quoi ?

Coincer la bulle : pratique courante du marin en grande croisière, qui évoque le repos, l’attente. Les artilleurs coinçaient la bulle du niveau entre les pièces d’artillerie en attendant les combats.

  • Qu’est-ce que t’as, t’as par l’air bien ?
  • Bah oui, j’ai trop mangé, j’ai dû coincer la bulle quelque-part, ça m’fatigue…

Compas : ancien instrument de torture des écoliers, avec lesquels on leur faisait tracer des cercles de différentes tailles. Aujourd’hui abandonné à la demande des parents d’élèves, le cercle ayant été retiré des figures géométriques, jugé trop complexe.

Compas : instrument permettant de donner un angle par rapport au nord magnétique. On distingue le compas de route, généralement placé devant la barre, et le compas de relèvement. Le premier indique le cap suivi, par rapport à l’axe du bateau, et non la direction suivie (puisque le bateau peut dériver, avancer en crabe). Le second permet de déterminer l’angle sous lequel on voit un repère au loin : phare, maison, etc.

  • Cap au Sud !
  • Cap’tain, c’est bien 180° le sud ?
  • Oui, pourquoi ?
  • Je relève la digue de sortie du port au 180°, ça craint rien ?

Compas à pointe sèche : compas spécial, ayant deux extrémités très pointues, permettant de mesurer les distances sur une carte marine. Attention : à ne pas utiliser sur une carte électronique sur ordinateur ou tablette, ça endommage sérieusement l’écran. D’autant que le compas n’est pas gradué, et que pour mesurer les distances, il faut savoir comment faire, hé hé hé…

Corde : pas de corde sur un voilier. Des cordages, des bouts, des filins : oui. Mais pas de corde, hormis celle de la cloche et du pendu !

  • Passe-moi une corde !
  • Tu préfères un nœud coulant ?

Corne de brume : instrument qui fait du bruit quand on l’active, destiné à faire peur aux passagers, ou à les faire rigoler, c’est selon. Par temps de brouillard, sert aussi à dire aux autres bateaux qu’on est dans le coin, qu’on avance, recule, etc.

Corps-mort : bloc de béton posé sur le fond de l’eau, et relié par une grosse chaîne à une bouée (le coffre) sur laquelle on peut venir s’amarrer. Le corps mort doit son nom au fait que les ouvriers récalcitrants ou les mauvais payeurs étaient souvent « coulés » dedans, puis jetés au large. Mais afin de quand même payer leurs dettes, il a été décidé de mettre une bouée pour repérer l’endroit, et parfois de faire payer les bateaux qui viennent s’y amarrer…

Coupée : sorte d’échelle, de passerelle, qui sert à monter sur le bateau. Elle permet également, et c’est tant mieux, d’en descendre.

  • Cette fichue passerelle est trop courte, elle touche pas le quai, quel est l’abruti qui l’a coupée ?

Courant : celui qui coure. Par analogie, désigne l’extrémité libre d’un cordage, par opposition au dormant.

  • Non, pour ton nœud, j’texplique : tu passes le courant d’abord dessus, puis dessous, puis tu croises deux fois, puis tu reviens, repasses dessous et dessus avec une ganse, c’est simple pourtant !

Courant marin : mouvement d’eau plus ou moins important, pouvant modifier la route d’un bateau ou d’un nageur.

Culer : toucher le fond, en parlant de la quille. Et non taper dedans : pas de ça ici môssieur ! Aller en marche arrière, reculer si on s’y prend comme un manche, puisque « re » signifie qu’on a dû recommencer.

  • Tu rentres au port trop vite, Rocco !
  • Vas-y, cule, cule encore : t’as le bout-dehors qui va toucher la bite !

D

Dalot : trou d’évacuation des eaux de ruissellement, percé dans le pont, sauf dans les sous-marins.

Darse : grand bassin long et étroit, dans lequel on conduit son bateau pour le faire sortir de l’eau par des grues géantes.

  • Oh la darse ! Y’a pas beaucoup de place…

Davier : rouleau tournant autour d’un axe horizontal, sur lequel vient se dérouler la chaîne reliée à l’ancre. Il est généralement placé à l’avant du bateau. A l’étrave.

Déborder : éloigner le bateau du quai ou d’un autre bateau. Par analogie, si on se met maintenant à parler de la dérive des continents et de l’impact sociologique de la consommation de pangolin en Chine, on peut dire qu’on déborde du sujet…

Debout : on dit qu’on est vent debout, ou vent de bout, quand on l’a dans le nez.

  • J’ai été à la dernière Nuit de Boue du quartier, mais j’y reviendrai plus : on n’avance pas !

Décoller : quitter le quai, décoller le bateau du quai. Si le bateau s’envole à cette occasion, c’est qu’il y a un ouragan et qu’on aurait dû rester couché !

Défense : les deux longues dents de l’éléphant ou du mammouth, lui servant à plier les branches pour les manger, ou à creuser la terre pour dénicher les fourmis dont il se nourrit. Autrefois utilisées pour la protection latérale des bateaux au port, elles se sont finalement avérées trop lourdes et surtout trop chères. Elles sont aujourd’hui interdites, et sont remplacées par des gros ballons allongés et gonflés, appelés pare-battages. Quand on sait que le battage est l’action de soumettre un élément linéaire (pieu, tube, etc.) à des coups de marteau, on se demande ce qui a pu passer par la tête de celui qui a inventé le terme « pare-battage » en désignant ces petits boudins en plastique.

  • T’as installé les défenses ?
  • Non, on passe pas entre les Ducs d’Albe si elles sont à poste
  • Ah zut, faudra faire gaffe alors…

Déferler : déployer une voile qui était ferlée jusqu’alors. Se dit aussi d’une vague qui, emportée par son propre élan, se déforme et retombe sur elle-même avec force, écume, turbulences, etc. Les déferlantes sont les ennemies du marin.

  • J’te jure, quand les touristes ont déferlé sur la plage, on pouvait plus y aller tellement y zétais nombreux !

Déhaler : déplacer un bateau le long d’un quai en utilisant les aussières, les amarres.

  • T’arrives à déhaler les 25t de ton bateau tout seul toi ?
  • Bah oui, c’est facile. Le plus dur c’est de l’arrêter sans se faire écraser !

Déjauger : faire en sorte que la ligne de flottaison du bateau monte au-dessus du niveau de l’eau. Pas complètement cependant, sinon ça signifie qu’on est monté dans un hydravion. Faire déjauger un voilier de grande croisière nécessite l’intervention de forces divines.

Démâter : fait de perdre le mât de son bateau, généralement par accident quand c’est en mer, ou pour entretien quand c’est à terre.

Demi-nœud : nœud du débutant, qui s’est arrêté à la moitié du chemin, en ne faisant qu’une simple boucle. Le demi nœud en lui-même ne sert à rien.

  • T’es vraiment bon à rien : t’es qu’un demi-nœud !

Déplacement : terme inventé par Archimède un soir dans son bain. C’est la mesure du poids d’un bateau, qui correspond au volume d’eau déplacé. Et comme depuis Archimède la poussée reçue par le bateau est verticale (on ne sait pas ce qu’il en était avant…), nos bateaux flottent sur l’eau, et c’est heureux !  Par conséquent, avant Archimède, les bateaux se déplaçaient forcément sur terre…

Dérive : surface verticale et immergée permettant au bateau de résister à la dérive due au vent. C’est, par conséquent, une surface anti-dérive : allez comprendre !

Dérive : déplacement latéral imposé au bateau par le vent. C’est pour ça que l’on dit à quelqu’un qui brasse de l’air quand il parle trop qu’il dérive du sujet.

Dormant : partie fixe d’un cordage. La partie fixe, qui ne bouge pas, quand on réalise un nœud.

  • Tu fais faire une première boucle au courant, en passant par-dessus le dormant, puis une seconde, plus grande. Tu repasses le courant dans la première boucle, par en-dessous, puis tu ressors par-dessus, tu passes sous le dormant, et tu reviens dans ta première boucle par-dessus. Enfin, tu tires, t’as un nœud de chaise..

Vous pouvez essayer, ça marche réellement…

Drisse : cordage servant à hisser une voile, ou pour hisser un pavillon.

  • T’as la drisse du génois qu’est détendue, le guindant est tout mou, faut étarquer plus !

Drosse : câble qui permet d’actionner un tambour, une roue, un élément en rotation : drosse d’enrouleur. Inversement, mais selon le même principe, câble qui transmet les mouvements de la barre à roue au safran, au gouvernail.

Drosser : fait d’entraîner un bateau sur la côte.

  • On n’avait perdu l’hélice, le safran était bloqué par un tronc d’arbre, les voiles étaient sorties : on a failli se faire drosser sur les récifs ! Bon, heureusement que le vent nous poussait vers le large hein ! Allez José, remets-nous ça !

Duc d’Albe : pilotis plantés dans le fond d’un bassin, le long d’un quai, dans un chenal, sur lequel le bateau peut venir s’appuyer, s’amarrer. Les Ducs d’Albe servent aussi à délimiter la largeur des emplacements dans les marinas.

  • T’as combien entre les Ducs d’Albe ?
  • Hein ?
  • Entre tes poteaux, t’as combien ?
  • Ben, 5m50 pourquoi ?
  • Au maître-bau Jasmin fait 5m, tu vas t’amuser pour le rentrer à sa place ! »

E

Échelle : terme fourre-tout qui désigne indifféremment le rapport de taille d’une carte, les repères de coordonnées géographiques de la carte qui servent à mesurer les distances via le compas à pointes sèches, la vitesse du vent, ou encore l’équipement utilisé pour monter ou descendre du bateau.

  • Mais où qu’elle est cette fichue échelle ?
  • Là, regarde, en bas à droite de la carte…

Échouage : fait de déposer un bateau sur ses fonds (coque, quille) en vue d’une opération délibérée : carénage, entretien, débarquement, etc.

Échouement : échouage involontaire.

  • Le capitaine du Costa Concordia, il a pas échoué à devenir célèbre lui : tu parles d’un échouement !

Échouer : un navire échoue quand il est posé sur le fond de l’eau, par choix ou par accident. Attention à la conjugaison : « on s’est échoués » n’a pas le même sens que « on a échoué ».

  • On voulait échouer le voilier sur la plage pour le carénage, pas de bol, on n’avait pas vu les récifs : on s’est échoués dessus !

Écoute : attention soutenue que doit l’apprenti marin à son capitaine.

  • J’ai toute ton écoute là ? t’est sûr ?

Écoute : cordage qui sert à orienter la voile selon l’axe longitudinal du voilier, en fonction du vent.

  • Reprends l’écoute pendant que je sors le génois s’il te plait…
  • Hein ?
  • Reprends l’écoute : tire dessus !
  • Chef, oui, chef !

Écoutille : ouverture rectangulaire sur le pont du bateau. Pour prendre l’air ou les embruns, c’est selon…

Embosser : mouiller deux ancres, une à l’avant et une à l’arrière, pour maintenir l’axe du bateau dans un passage étroit malgré le changement de vent, de courant, de marée.

  • Quand on est arrivés dans la crique, on a embossé histoire de dormir tranquille. Le lendemain en partant, on a oublié le mouillage arrière : pas moyen de partir. Faut qu’on arrête les apéros !

Embraquer : tirer un cordage vers soi avec force pour le tendre.

  • Ben alors, t’as quoi dans les bras petit, j’tai dit d’embraquer l’écoute !

Embrun : pluie fine, constituée d’eau salée, qui trempe le marin et tout le bateau quand le temps est agité et que le bateau saute dans les vagues.

  • T’as fermé les écoutilles, on prend des embruns à la pelle.

La pelle étant ainsi définie comme l’unité de mesure du volume des embruns !

Émerillon : deux anneaux reliés entre eux par un rivet tournant librement, permettant aux poulies ou cordages fixés sur les deux parties de faire des tours.

  • T’as l’émerillon de la drisse de génois de coincé, si tu insistes tu vas tout arracher !

Empanner : fait de tremper son voilier dans un mélange d’œuf et de chapelure avant de le frire. L’usage ayant été imaginé par le capitaine Iglo, sa pratique en a été égarée avec le temps. D’autant que pour trouver une poêle asses grande, ça devient difficile…

Empanner : changer d’amure en passant par le vent arrière. En d’autres termes, on va changer de direction par rapport au vent : il vient au départ de l’arrière tribord (ou bâbord en fait, on s’en moque), à la fin de la manœuvre le vent viendra de l’autre bord. La manœuvre peut être sportive, parfois dangereuse, si elle est involontaire. On dit aussi « virement lof pour lof ».

  • On faisait pas attention, c’est Ethan qui avait la barre, il avait pas l’habitude. Bon, on a empanné d’un coup, la bôme est passée sur babord d’un seul coup, les filles, qui discutaient sur le pont sont passé par-dessus bord. On n’a jamais retrouvé Zoé…

Empenneler : pratique hasardeuse de mouillage qui consiste à installer deux ancres l’une derrière l’autre pour éviter que la principale, la plus proche du voilier, ne chasse.

En ciseaux : on met les voiles en ciseaux quand la voile d’avant est établie d’un côté et la grand-voile de l’autre, en navigation vent arrière. On dit aussi « en papillon ». Le principe est simple à comprendre, sa mise en œuvre plus délicate. Si le barreur ou le pilote automatique s’éloigne un peu trop du plein vent arrière l’une des deux voiles peut alors prendre le vent « à contre », provoquant des réactions inattendues du voilier…

Enfourner : planter l’étrave du bateau dans une vague, dans la mer. Si le mouvement est trop puissant, trop violent, on peut chavirer ou même sancir, c’est-à-dire passer cul par-dessus tête. On évite donc de naviguer face à la houle en cas de gros temps, et d’aller beaucoup plus vite qu’elle si on est vent arrière…

  • T’as enfourné la pizza, j’ai faim !

Enrouleur : équipement qui permet de ranger une voile en la faisant tourner verticalement sur elle-même, comme on enroule une carte. L’enrouleur peut être électrique, mais source de pannes (comme sur Jasmin, au départ) ou manuel. L’utilisation est alors différente.

  • J’ai ma grand-voile sur enrouleur, dans le mât. Elle est pas terrible mais elle est facile à établir pour nous…

Épave : se dit d’un bateau mal entretenu, et par conséquent d’un bateau reposant au fond de l’eau, coulé, échoué, abandonné.

  • Mon mari, c’est une épave depuis qu’il s’est remis à boire : y décolle plus du fond du bar !

Épisser : réaliser une épissure.

  • J’aime bien manger épicé.

Épissoir : sorte de couteau qui ne coupe pas, à la lame creuse, non pointue, qui sert à épisser.

  • Quand j’ai trop bu, je sors mon épissoir pour soulager…

Épissure : action de tresser deux extrémités d’un cordage, ou une extrémité du cordage sur lui-même. C’est une action de matelotage.

  • On a super bien préparé le bateau pour la prochaine régate, samedi, épissure, on va gagner !

Équateur : ligne imaginaire qui traverse la terre au milieu, et qui sépare le nord du sud. Elle doit son nom à un petit pays bien connu qui doit son nom au fait qu’il est situé sur l’équateur.

Équipage : ensemble des personnes assurant la bonne marche du bateau.

Équipet : petite étagère fixée le long de la coque, à l’intérieur du bateau.

Erre : vitesse du bateau quand on lui a coupé tout moyen de propulsion, voiles et moteur, quand il est sur son élan. Mais comme il n’y a pas d’élan partout, sauf au Canada, on parle d’erre. On parle d’erre, d’une façon générale, quand le bateau dispose d’un mouvement propre, indépendant du vent et des courants. Il est alors manœuvrant, son gouvernail pouvant le faire changer de direction. On prend de l’erre quand on accélère, au moteur, à la voile. On casse l’erre quand on essaie de stopper le bateau.

  • J’te parie qu’avec son erre, s’il fait rien, le cargo va venir s’incruster comme une bernacle sur le quai de déchargement !
  • !! BANG !!
  • Tiens, qu’est-ce que j’avais dit !

Espar : pièce longue et rigide servant à établir la voilure : mât, bôme, tangon, etc.

  • Quand t’as été au Spar, t’as oublié de rapporter des bières, t’es bon pour y retourner !

Estime : évaluation de la position théorique du bateau en tenant compte d’une de ses précédentes positions connues, de sa vitesse, de sa trajectoire, du vent, des courants, etc. C’est l’une des trames des exercices du permis hauturier…

  • J’estime qu’on devrait arriver vers 5h si y’a pas de bouchons.

ETA : heure estimée à l’arrivée. L’ETA est indiquée par l’électronique de bord quand on a indiqué une destination. On la calcule à l’estime si l’électronique est en panne… Elle permet d’adapter son allure, son organisation à bord, voire la gestion du moyen de propulsion. Une ETA de nuit alors qu’il fait jour, qu’on n’est qu’à quelques nautiques de l’arrivée et que le vent est tombé peut inciter à démarrer le moteur…

Étai : câble servant à maintenir le mât, installé à l’avant du bateau. On peut y installer une voile d’avant, comme un génois, une trinquette. Par extension, l’étai est le câble sur lequel on installe une voile d’avant, même s’il n’assure pas la tenue effective du mât. On parle alors d’étai volant.

Étale : période entre deux marées, avant le renversement, et donc durant laquelle le courant est nul.

Étaler : résister à un courant, une tempête, sans rien abîmer.

Étalinguer : fixer l’ancre sur sa chaîne, au moyen d’une manille, d’un émerillon.

Étalingure : fixation de la chaine ou du câble, du cordage, sur l’ancre. Fixation de l’autre extrémité sur le point fixe, solidaire du bateau, dans la baille à mouillage.

Étarquer : tendre le plus possible, raidir un cordage. Le marin aime les termes précis.

  • Je t’ai dit que t’avais pas assez étarquer ta drisse de grand-voile, elle fait des plis partout !

Étrave : partie avant du navire, appelée également la proue sur un voilier. Par opposition à la poupe.

« Tous ces termes de marin, j’étrave rien du tout ! »

Évitage : mouvement du bateau qui tourne autour de son ancre sous l’effet du vent ou du courant. C’est aussi le cercle dans lequel s’inscrit le bateau au mouillage, l’ancre en étant le centre, le rayon la longueur de chaîne. On s’efforce de respecter la même longueur de chaine entre tous les bateaux présents au mouillage, afin que les cercles en question ne se recoupent pas.

« Au matin, le vent avait tourné, on avait évité sur 180° »

Extrados : côté sous le vent d’une voile, c’est-à-dire le côté sur lequel le vent ne souffle pas. Le côté convexe. Petite astuce pour les enfants pour distinguer concave et convexe ?

« Convexe comme le dos d’un chat qu’on vexe ! »

F

Faire tête : le bateau fait tête quand l’ancre a croché le fond, lors du mouillage. On peut alors dérouler la longueur de chaine nécessaire…

Fardage : prise au vent résultant de tout ce qui se trouve au-dessus de la surface de l’eau. Le fardage peut poser problème dans les manœuvres de port, si le vent est soutenu, car il induit un déplacement difficile à contrôler.

« Il a un sacré fardage ton bateau, Stéphane, tu devras faire attention en rentrant au port. »

Faseyer : se prononce « fasseyer ». Quand une voile n’est pas assez bordée et qu’elle flotte dans le vent, on dit qu’elle faseye. C’est mauvais pour la voile qui s’abîme rapidement, c’est mauvais pour le voilier qui a une voile inutile et sans contrôle. En débutant, on apprend que pour régler ses voiles, on les choque petit à petit jusqu’à ce qu’elles faseyent. Là, on reprend un peu l’écoute, ça suffit…

Fausse panne : on est en fausse panne quand, alors qu’on est presque au vent arrière, la grand-voile se trouve du côté d’où vient le vent au lieu de lui être opposée. On peut rechercher cette situation, en retenant la bôme pour qu’elle ne passe pas l’axe du voilier, tout en établissant la voile d’avant correctement. On a alors les voiles en ciseaux.

Ferler : replier une voile, en accordéon, sur son espar, par exemple sur la bôme pour la grand-voile.

Feu : nom générique donné à tout équipement lumineux, sur un navire ou à terre. A éclats, à occultation, isophases, blancs, rouges, verts : le choix est vaste. L’ensemble des feux de signalisation à terre et en mer sont indiqués par les cartes marines.

Feu : le pire ennemi du marin. Un feu à bord détruit un voilier moderne en quelques minutes : il impose une évacuation d’urgence immédiate.

Filer : lâcher un cordage, une chaîne. Désigne aussi la vitesse d’un bateau. Historiquement, pour mesurer la vitesse d’un bateau, on laissait filer un cordage sur lequel un nœud était établi tous les 15m environ. On comptait le nombre de nœuds ainsi emportés, durant 30 secondes, donnant ainsi la vitesse du voilier : un nœud est donc égal à 15m environ en 30 secondes, soit 1852m en 3600 secondes, ou encore à un mile nautique par heure. L’unité est restée.

« On filait bien 10 ou 12 kts quand soudain, bam ! Le choc ! On venait de se prendre sans un filet ! »

Filière : câbles tendus entre les chandeliers, afin d’empêcher les imprudents de passer par-dessus bord.

  • T’as suivi quoi comme filière toi pour arriver ici ? École navale ?
  • Bah non, comme toi, la filière bâbord !

Flot : période durant laquelle la marée monte.

  • Le flot des touristes était incessant : une vraie marée humaine

Foc : nom générique des voiles d’avant, de forme triangulaire. Il en existe de nombreux, de tailles et donc d’usage différent. Sur un voilier comme Jasmin, nous avons un génois très grand et une trinquette, plus en arrière et plus petite. Il nous manquerait un tourmentin, c’est-à-dire une toute petite voile tempête.

  • Cap’tain, j’ai déroulé le foc. Mais avant, j’ai d’enroulé l’autre foc car le vent avait forcit et il était trop grand
  • Oui, donc tu as sorti la trinquette après avoir rentré le génois, c’est ça ?

On comprend pourquoi les marins ont un vocabulaire si riche !

Forcir : se dit quand le vent augmente d’intensité. On dit aussi fraîchir.

  • Ça se rafraîchit depuis tout à l’heure, le vent forcit : on va rentrer de la toile : vas mettre ta veste !

Frais : vent frais entre force 6 et force 7, c’est-à-dire entre 22 et 33kts, donc 40 à 61km/h. Ce qui est plus que respectable, on peut sérieusement réduire la toile et prendre un ou deux ris…

Frapper : attacher un cordage, une poulie, sur un objet (cadène, taquet, bitte, etc.) avec un nœud approprié. Sauf que sur un bateau, on n’utilise jamais le verbe « attacher », sauf en parlant du poisson qui a trop cuit dans la poêle.

Fuir : naviguer vent arrière, ou presque, pour étaler une tempête qui nous pousse au large. On peut fuir sous voilure très réduite, voire même à sec de toile si le fardage est important. Les avis sont partagés sur l’usage d’ancres flottantes ou de longues aussières qu’on laisse trainer derrière soi pour ralentir le voilier et éviter de sancir, ou leur non-utilisation pour privilégier la vitesse…

  • Si tu n’as pas pu anticiper l’arrivée du gros temps, alors fuis mon petit, fuis…

G

Gaffe : longue tige munie d’un crochet, permettant d’attraper amarres, bouée, objet flottant, etc.

  • Gaffe-moi cette amarre avant qu’elle se prenne dans l’hélice !

Galhauban : hauban latéral partant du pont et allant en tête de mât, écarté du mât par les barres de flèche. Ils servent à raidir le mât.

Ganse : lors de la réalisation d’un nœud, c’est la boucle formée par le courant pour faciliter le dénouage. C’est ainsi qu’on noue ses lacets de chaussures, avec deux ganses.

Garcette : petit cordage court servant à tout : attacher un seau, suspendre un sac, etc.

  • ma petite copine m’a quitté…
  • c’est rien qu’une garcette, t’en fais pas

Garde : longue amarre d’un bateau, frappée à l’avant et sur une bitte arrière pour l’empêcher d’avancer, à l’arrière et sur une bitte avant pour l’empêcher de reculer.

Gennaker : très grand foc, plus grand que le génois mais plus petit qu’un spinnaker. Idéal pour le petit temps.

Génois : foc principal sur un voilier, parfois à fort recouvrement, c’est-à-dire qu’il passe derrière le mat, venant recouvrir en partie la grand-voile. Le génois convient pour les vents faibles à moyen. Le génois étant installé en avant du mât, donc de l’axe vertical de rotation du voilier, il a tendance à le faire abattre. C’est l’équilibre entre les voiles d’avant et d’arrière qui assure la stabilité de route du voilier.

Gilet de sauvetage : équipement de sécurité obligatoire à emporter, mais pas obligatoire à porter. Il se gonfle automatiquement quand on tombe à l’eau : le jeu étant d’éviter de tomber à l’eau. Chaque équipage établit ses propres règles quant au port du gilet. La meilleure, car la plus simple, mais la moins populaire est : dès qu’on est en mer et qu’on est à l’extérieur du voilier, port du gilet obligatoire. Si le temps devient agité : longe obligatoire et on s’attache en permanence !

  • Je file à l’avant rentrer le génois à la main…
  • ton gilet !
  • ton gilet !!
  • mais…
  • TON GILET ! METS TON GILET !

Gîte : c’est l’inclinaison du bateau selon son axe longitudinal. Les voiliers sont sensibles à la gite, qui est un élément inhérent à leur équilibre dynamique. Le vent pousse sur les voiles, en partie latéralement : la gite est le résultat de la composante latérale de ce vent, le fait que le bateau avance est la résultante de la composante longitudinale. En cas de brusque saute de vent, c’est la gite qui va absorber l’essentiel de la puissance, quitte à ce que le bateau chavire : il se redressera toujours. La gite est inconfortable pour l’équipage et les passagers. Un catamaran ne gite pas : en cas de forte saute de vent, il démâtera ou se retournera, sans possibilité de se remettre dans le bon sens.
La gite fait lofer le voilier, en raison de la modification de la géométrie de la partie immergée de la coque, qui n’est plus symétrique.

  • On gîte pas trop là, hein ?
  • T’inquiète : quand on aura le pied des chandeliers dans l’eau, on avisera !

Choquer la grand-voile diminue la gîte, fait perdre un peu de cap et un peu de vitesse mais gagner considérablement en confort.

Glène : cordage lové, enroulé sur lui-même.

  • Je suis descendu dans le carré chercher du café pendant mon quart : mon équipier dormait dans un coin, une vraie glène !

Godille : aviron unique, positionné à l’arrière d’un petit bateau, servant à sa propulsion et à sa direction. Il faut être breton pour savoir godiller !

Gouvernail : ensemble d’éléments du navire qui sert à définir son orientation. Il est composé de la barre, éventuellement de la roue, de la mèche et du safran.

  • Mon pauvre, t’as du prendre un coup sur le gouvernail quand t’étais petit, tu fais tout de travers !

Grain : violent et rapide coup de vent, difficile à anticiper, souvent accompagné de fortes pluies. Si on a vu le grain arriver, il est prudent de réduire la toile. Par conséquent, en navigation de nuit, réduire un peu au coucher du soleil peut donner un peu de sécurité… C’est probablement de là que vient l’expression “prendre un grain de riz“…

  • On a pris grain sur grain pendant toute la traversée : tu parles d’un plaisir !

Grand largue : allure où le vent apparent vient de ¾ arrière. Allure portante, confortable.

Grand-voile : c’est la voile envoyée sur le mât et la bôme. Sur un monocoque elle est souvent plus petite que le génois, alors que c’est la voile principale sur un catamaran. On l’appelle affectueusement la GV. Étant installée en arrière de l’axe de rotation vertical du bateau, matérialisé par le mât, la GV a tendance à le faire lofer, c’est-à-dire remonter au vent. Ainsi, si un voilier part au lof, choquer la GV peut suffire pour arrêter l’incident.

Gréement : ensemble de toutes les pièces fixes ou mobiles qui servent à manœuvrer, fixer, régler la voilure. Le gréement dormant est constitué de tous les câbles et cordage qui tiennent le mât. Le gréement courant est constitué de tous les cordages qui servent à établir et régler les voiles.

Guindant : partie de la voile la plus en avant, liée au mât ou à un étai. Elle est fixée en bas par le point d’amure et en haut par le point de drisse.

Guindeau : treuil spécial destiné à manœuvrer la chaine au mouillage. Il peut la descendre ou la remonter. Il peut parfois être couplé à une poupée servant à manœuvrer un câblot équipant la ligne de mouillage. Un bon guindeau électrique puissant est nécessaire pour relever une ancre et une grande longueur de chaîne.

H

Hale-bas : cordage tirant un espar vers le bas : bôme, tangon.

  • Ce gouvernement est un véritable hale-bas !

Hale-haut : synonyme peu employé de balancine.

  • Tu encourages nos progrès : tu es notre hale-haut !

Hauban : câbles situés de part et d’autre du mât, pour le maintenir vertical.

Houle : ondulation de la surface de la mer qui ne provient pas du vent local mais d’une dépression parfois lointaine, et qui s’est propagée. La houle, régulière et ample, peut se déplacer dans un sens très différent de la mer due au vent.  La mer croisée devient alors pénible, cassante.

  • Cette houle me donne envie de dormir….
  • Bah moi, elle me donne envie de gerber !

I

Incidence : angle que fait une voile avec le vent apparent.

Intrados : partie d’une voile sur laquelle souffle le vent

J

Jaumière : conduit vertical dans lequel passe la mèche du gouvernail

Jolie brise : petit vent de force 4, plaisant pour naviguer en famille localement.

Journal de bord : document réglementairement obligatoire mais de mise en forme libre, dans lequel le chef de bord consigne tout ce qui concerne la navigation : position, vent, mer, visibilité, équipage, réserves, faits marquants, etc.

Jusant : période durant laquelle la marée descend.

K

Koala : nom d’une espèce d’ours que l’on ne trouve pas à bord d’un voilier

L

Lame : terme désignant les vagues, plus particulièrement les grosses.

Largue : allure dans laquelle le vent n’est plus plein travers mais un peu en arrière. C’est une allure portante, rapide.

Larguer : lâcher, détendre, détacher un cordage, une amarre.

  • Elle était trop attachée, je l’ai larguée

Ligne de flottaison : ligne qui sépare la partie du bateau située au-dessus de l’eau de la partie immergée.

  • Celui-là, vu ce qu’il déplace, il doit pas souvent avoir le cerveau au-dessus de la ligne de flottaison.

Ligne de mouillage : ensemble du matériel nécessaire au mouillage. Ancre, chaîne, câblot. Les controverses sont nombreuses sur la qualité et la nature de la ligne de mouillage. Quelle longueur laisser dans l’eau, que de la chaîne ou une partie en câblot textile ? Quelle ancre ? Faut-il une main de fer ? Un amortisseur ?

Ligne de vie : dispositif de sécurité, généralement constitué de longueurs de sangles circulant le long du pont, permettant de s’attacher en cas de gros temps. Le principe étant de ne pas passer par-dessus-bord, la prudence voudrait que les lignes de vie circulent au centre du voilier, sur son axe, et pas le long des filières comme c’est l’usage dans les chantiers.

Lit du vent : axe du vent, la référence étant la direction d’où il vient.

Loch : instrument de navigation indiquant la vitesse du bateau par rapport à l’eau.

Lof : côté du navire exposé au vent.

Lofer : orienter le bateau vers l’origine du vent. Le contraire d’abattre. Voir « partir au lof »

Louvoyer : remonter le vent en tirant des bords, donc en faisant des zigzags. Si le vent est fort et que le voilier n’est pas performant, on ne progressera pas vers notre destination, car on tirera des bords « carrés », à angle droit les uns des autres, en étant à chaque fois reculé d’autant par le vent…

Lover : enrouler soigneusement un cordage.

Loxodromie : la ligne droite qui relie deux points sur une carte marine. Elle respecte ainsi les angles, permet des mesures de distances faciles, mais n’est pas la route la plus courte pour ceux qui pensent que la terre est un globe. Pour eux, la route la plus courte est l’orthodromie. Sur une carte, c’est une grande courbe, preuve que la terre est plate car tout le monde sait que le plus court chemin entre deux points est la ligne droite.

M

Main-courante : barre servant de rampe sur les descentes, les échelles.

  • Il avait déposé une main courante, du coup je suis tombé en descendant !

Manille : pièce d’accastillage constituée d’un anneau fermé par un axe amovible, généralement vissé.

Manillon : tige filetée qui ferme une manille, et ayant tendance à tomber à l’eau spontanément.

Manœuvrant : un bateau est manœuvrant quand il est capable de se déplacer et de s’orienter seul, grâce à son gouvernail et ses équipements de propulsion. Il lui faut de l’erre.

Manœuvre : fait d’utiliser le gouvernail, le moteur ou de régler les voiles pour diriger ou déplacer le bateau.
Nom générique des cordages servant à manier les voiles.

Manquer à virer : manœuvre que tout débutant exécute facilement dès ses premiers bords, qui consiste à échouer son virement de bord ! Pas assez de vitesse, pas assez de coordination, ou bien une grosse lame qui frappe durant la manœuvre : on se retrouve bout au vent, sans erre, parfois même culant. Face au vent, le voilier n’est plus manœuvrant, on devra souvent relancer le moteur…

  • Paré à virer ?
  • Paré !
  • Envoyez…
  • Manqué, on est bons pour reprendre de la vitesse et recommencer !

Maître-bau : la plus grande largeur du bateau.

  • Moi, j’écoute du Bach en mer, c’est un maître-bau ce gars, un vrai “grand”, pas comme maître Gims !

Mal de mer : état dans lequel tout le monde se retrouve un jour ou l’autre, nauséeux, fatigué, malade.

  • Pour éviter le mal de mer, on conseille d’éviter les 5 « F » : Froid, Fatigue, Faim, Frousse et Foif !
  • Le meilleur remède contre le mal de mer est donné par les britanniques : allonger le malade sous un pommier…

Marin : celui qui se dit comme tel.

Marina : port de plaisance dans lequel on trouve commerces, restaurants, professionnels techniques, mais surtout abri, eau, électricité. Le prix peut en être quasi prohibitif dans certains endroits. Dans la plupart des marinas, les bateaux restent à demeure et ne sortent en mer que quelques jours par an.

  • La grande Lulu, elle était tellement accueillante avec les marins en retour de campagne sur les Grands Bancs qu’ils l’avaient surnommée “Marina” !

Marque : nom générique qui désigne les balises, les bouées, les phares, les feux informant les navigateurs de la présence de chenaux, de zones de danger, d’obstacles, de passages, etc.

Marque cardinale : les cardinales identifient la présence d’une zone dangereuse. Il y en a quatre, une par point cardinal. La cardinale nord est placée au nord de la zone en question, l’ouest à l’ouest, etc. On les distingue par leurs couleurs et la forme de leur marque.

  • Je fais route à l’ouest, je vois la cardinale sud devant moi : je viens à bâbord ou à tribord ?

Marque latérale : généralement il s’agit des bouées rouges et vertes balisant l’entrée des chenaux, des ports. En venant du large, on laisse les rouges à bâbord, les vertes à tribord.  Sauf en Amériques, aux Antilles, en Corée et au Japon où c’est l’inverse !

  • Bacille rouge et tricot vert, c’est ça ? Encore un truc de malade !

Mayday : signal international de détresse, utilisé en cas de danger pour la vie humaine.

Mer du vent : état de la mer en fonction du vent local. Les lames sont plus courtes et chaotiques que la houle.

Mile marin : abrégé NM, pour Nautic Mile, le mile marin vaut 1852m. Pour passer des NM au kilomètre on multiplie par deux et on enlève 10%. Pourquoi cette mesure étrange ? 1NM vaut une minute d’arc de méridien. Cette unité est donc pratique pour mesurer des distances sur carte marine…

Mouillage : abri côtier pour un navire, mais aussi équipement utiliser pour mouiller, et donc nom de la manœuvre mise en œuvre pour ça.

  • Vous étiez bien au mouillage cet été ?
  • Oui, on était dans une petite cala, sur du sable : que du bonheur !

Mousse : jeune marin apprenti. Quand on est plus vieux, on passe tout de suite à marin. Et on peut alors se taper des mousses pour passer le temps.

  • Moi, j’aime bien les rousses, elles ont du caractère !

N

Nable : orifice permettant de remplir les réservoirs d’eau ou de gas-oil. Initialement, c’est aussi l’orifice percé dans le fond d’une embarcation destinée à en vider l’eau. Mais si on fait ça de façon inconsidérée sur un voilier, il coule…

Nager : faire avancer une embarcation à la rame. Ou à la godille. Car hormis sur une galère, on ne rame pas sur un bateau !

Naufrage : perte partielle ou complète du bateau par accident.

Nautique : abréviation de « mile nautique ».

  • On avait à peine parcouru une vingtaine de nautiques qu’on a perdu le safran…

Navigateur : celui qui détermine les éléments de navigation : route à suivre, points de repères, prise en compte de la météo, des estimations de temps de trajet, etc. Par extension, le navigateur est celui qui parcoure les mers.

Navigation : ensemble des techniques ou méthodes permettant de définir la position du bateau, par estime ou en faisant le point. La navigation permet aussi de suivre une route, de déterminer le cap, les obstacles, de prendre en compte la météo, etc.

Nerf de chute : petit cordage qui permet de régler la tension de la chute d’une voile.

Nœud : unité de mesure de la vitesse. Knot en anglais, abrégé kt. 1kt=1NM/h. Le nœud est également un lien sur un cordage.

  • Toi, t’as une bonne tête de vainqueur !

O

Œuvres mortes : parties émergées du bateau, au-dessus de la ligne de flottaison.

Œuvres vives : parties immergées du bateau.

Orin : cordage reliant un objet immergé à une bouée en surface. L’orin relié à l’ancre permet d’identifier l’emplacement du mouillage en surface mais aussi d’aider à relever l’ancre engagée dans un rocher.

  • Bon sang, regarde-moi cet âne, il s’est amarré sur notre bouée d’orin !
  • Eh, vous êtes attachée sur mon orin, c’est pas un corps mort, vous allez tout arracher !

Il ne faut pas confondre orin et Odin : on n’attache pas Odin à une ancre !

  • Par Odin, ce saxon a abouté sa barcasse à l’orin de notre drakkar : vite, tranchons-le sans tarder et festoyons ensuite !

Oringuer : frapper un orin au diamant d’une ancre, au moyen de Mjölnir, le marteau de Thor, fils d’Odin ! à défaut de marteau, un simple nœud de chaise suffit…

Orthodromie : route la plus courte, sur un globe, pour aller d’un point à un autre. Sur une carte à grande échelle, c’est généralement une courbe très marquée. Elle s’oppose à la loxodromie, qui est une droite sur les cartes marines, mais n’est pas la route la plus courte.

P

Palan : assemblage de poulies et de cordages qui permet de démultiplier la force, pour soulever des éléments, tendre des parties de gréement, etc. L’inconvénient du palan est qu’il nécessite une très grande longueur de cordage, proportionnelle à la démultiplication de l’effort.

  • Mon gars, j’ai un palan qui me permet de lever 1 tonne tout seul sur 2m de haut, avec juste 10kg de traction !
  • Et ça te fait combien de longueur ?
  • Ah, c’est ça le problème, j’ai 100m de bout, et il me faut 1/2h pour lever mon chargement, mais ça marche…
  • Et ça te sert à quoi sur ton rafiot ?
  • Bah, à rien, mais je peux le faire, hé hé hé

Pan pan : (prononcer panne-panne) signal international d’urgence, utilisé en cas d’avarie, de malaise d’un membre d’équipage ne mettant pas sa vie en jeu, etc. C’est pour ne pas déclencher d’alerte inutile que les animaux à grandes oreilles, dont Panpan est le plus connu (dans Bambi) sont interdits sur les bateaux !

Panne : mettre en panne, c’est positionner les voiles du bateau pour qu’il s’immobilise, sans affaler les voiles.

Paré : interjection criée par le barreur avant de lancer une manœuvre. La réponse positive à la demande est « paré ! »

  • Paré à virer ?
  • Envoyez, on vire !
  • Eh, j’étais pas prêt, j’avais pas dit « paré »…

Partir au lof : c’est un comportement redouté du plaisancier et du régatier en général. Quand on navigue à une allure de près, c’est-à-dire avec le vent venant plutôt de l’avant du voilier, selon les conditions de mer, les rafales, la construction du voilier, les réglages des voiles, il peut arriver que le voilier tende soudainement à se mettre face au vent. C’est un phénomène physique rapide, violent, qui prévient peu. Il est auto-entretenu par la gite qu’il provoque, et l’asymétrie de la carène, qui fait immédiatement pivoter le voilier sur son axe vertical. L’opération peut être contrée à la barre si on l’a sentie venir. Elle peut être corrigée en choquant la grand-voile si le phénomène n’est pas totalement engagé. Le risque majeur est que certains membres de l’équipage passent à la mer. Le risque de casse est présent aussi. Bref, on apprend vite à éviter de jouer avec le vent quand on navigue au près.

  • Il part, il part !
  • Hein ?
  • Abat, abat !
  • Non, aba !!
  • Glou glou glou

Passavant : espace situé de part et d’autre du cockpit permettant de passer à l’avant du pont. Quand on revient vers l’arrière du bateau, on parle encore de passavant, sinon on risquerait de ne pas se comprendre.

Passe : passage étroit qui permet de naviguer entre les îles, des obstacles, etc.

  • Attention quand tu prendras la passe, le vent s’accélère, ça va te faire drôle !

Passe coque : pièce en métal ou en plastique qui traverse la coque d’un bateau, afin de laisser le passage à un instrument de mesure (loch), à une entrée d’eau de mer (refroidissement moteur, climatiseur, réfrigérateur, etc.), ou à une évacuation (pompe de cale, évier, WC, etc.)

Passerelle : sur un gros bateau, endroit stratégique d’où le capitaine dirige les manœuvres. La passerelle est en principe interdite d’accès. Sur un voilier, c’est une sorte de petite échelle que l’on pose à l’arrière du bateau et sur un ponton, pour embarquer et débarquer. Ça évite de sauter et de se mettre bêtement dans l’eau !

  • Fais gaffe, la passerelle est gliss…
  • Plouf !

Pataras : câble, cordage, fixé solidement à l’arrière du bateau, servant à maintenir le mât. Il peut y avoir un ou deux pataras, et ils peuvent être réglables, pour adapter la courbure du mât selon l’allure, la manœuvre, le vent. Le pataras fait partie du gréement dormant.

  • J’avais pas assez tendu le patatras, et patatras, le mât est tombé !

Patte d’oie : cordage frappé aux deux extrémités sur lequel, en principe au centre, on frappe un autre cordage ou une chaîne. Par exemple la ligne de mouillage, afin de donner à l’ensemble une certaine élasticité.

  • J’aime les pattes d’oie autour de tes yeux, on pourrait s’y ancrer pendant des heures…

Paumelle : protection de cuir qui permet de pousser une grosse aiguille avec la paume, par exemple en réparant une voile, et ainsi d’éviter de se transpercer bêtement la main.

  • Tiens, prends une paumelle cette-fois ci, ça t’évitera que ta main ressemble encore à un hérisson !

Pavillon : c’est le nom générique du drapeau du pays dans lequel est immatriculé le bateau. Le pavillon peut parfois être visuellement différent du drapeau du pays.

Pendille : système d’amarrage des bateaux, très fréquent en Méditerranée. La pendille est un cordage, parfois une chaîne, qui relie le ponton à une chaîne-mère immergée en avant des bateaux. On récupère comme on peut, le long du ponton, un premier cordage qui permet de récupérer la pendille elle-même, à l’avant du bateau. On la frappe alors sur l’un des taquets après l’avoir tendue autant que possible. Tendre la pendille se fait après avoir frappé ses amarres arrière, la pendille empêchant alors le bateau de reculer. Si on n’a pas de chance, le cordage qui permet de récupérer la pendille se prendra dans le propulseur d’étrave dans la manœuvre ou dans l’hélice.

Pétole : le calme plat, la quasi absence de vent. Ça semble agréable mais un voilier est alors balancé par la houle, ce qui peut s’avérer pénible. Par ailleurs, on n’avance pas : il faut soit prendre son mal en patience, soit avancer au moteur.

  • On avançait bien, 8kts de moyenne, jusqu’au mardi midi : là, pétole complète ! On est restés bloqués trois jours à cause de la panne du moteur : le courant nous à presque fait revenir à notre point de départ !

Pied de pilote : hauteur arbitraire que l’on rajoute au tirant d’eau pour déterminer la profondeur minimale de navigation, de mouillage. Le pied de pilote fait généralement entre 50cm et 1m.

Pilote : habituellement, personne assurant l’assistance du capitaine dans les manœuvres d’entrée-sortie de certains ports, de certaines installations, etc.

Pilote automatique : système mécanique ou hydraulique couplé à un ensemble électronique, destiné à assurer la navigation du bateau sans personne à la barre. Le pilote peut tenir un cap, et donc adapter le gouvernail pour le conserver, mais sans tenir compte de la dérive ; il peut assurer une route vers une destination, et adaptera alors le cap suivi en fonction des éléments extérieurs ; il peut enfin maintenir le bateau sur une allure constante, c’est-à-dire conserver constant son angle par rapport au vent. Dans ce cas, si le vent tourne, le bateau tourne en même temps, et s’éloigne donc de sa destination. Mais il permet d’éviter de régler les voiles trop souvent, par exemple durant les quarts de nuit. Le pilote est un membre d’équipage à part entière qui assure jusqu’à 90% du temps de navigation.

Pinoche : petite pièce de bois ou de plastique, de forme cônique, servant à obturer temporairement une petite voie d’eau. Il est d’usage d’installer une pinoche à côté de chaque passe-coque.

  • T’as vu son dernier film de Juliette Pinoche ?

Point : l’un des angles d’une voile. Le point d’amure est l’angle inférieur et le plus en avant : c’est là qu’est fixée la voile sur son étai, par exemple. Le point de drisse est le point supérieur, sur lequel est frappée la drisse qui sert à hisser la voile. Le point d’écoute est l’angle le plus en arrière, qui permet de régler l’angle de la voile par rapport au vent.

Point : position du bateau. Faire le point est déterminer précisément cette position. Historiquement au moyen d’un sextant, d’un chronomètre, d’une montre, de tables et éphémérides et de quelques calculs élaborés. Aujourd’hui le point est fait en permanence par les récepteurs GPS, souvent couplés aux cartes marines électroniques.

Ponant : occident, vent d’ouest.

Ponton : quai flottant sur lequel on vient s’amarrer.

Poulie : pièce en forme de roue qui sert à transmettre le mouvement d’un cordage. Un assemblage de poulies successives peut permettre de rediriger la traction d’un cordage, ou d’en démultiplier l’effort (palan)

Portant : se dit des allures dans lesquelles le vent vient de l’arrière du voilier. C’est le cas dans une transatlantique réalisée dans les alizées, par exemple.

Près : ensemble des allures dans lesquelles le vent provient de l’avant du bateau, par opposition au portant.

Près : allure de près dans laquelle le vent est pris sous un angle inférieur à environ 45°. Anciennement, les marins utilisaient le terme « au plus près ». Quand on se rapproche du vent, c’est-à-dire qu’on l’a de plus en plus dans le nez du voilier, on dit qu’on navigue au près serré. Mais en-dessous de 30° de vent apparent, généralement les voiles ne sont plus efficaces, le bateau s’arrête. Naviguer au près est formateur : le bateau va plutôt vite, il est vif, les voiles sont bordées à fond, le vent relatif est élevé. Si on rencontre des rafales, alors le bateau gite, lofe violemment : on apprend le contrôle et la sécurité, puis l’anticipation. Si on a une destination qui se trouve dans l’axe du vent, on doit alors louvoyer pour y arriver : « deux fois la distance, trois fois la durée, quatre fois la grogne ». L’art du marin est alors de faire le choix entre l’angle qui assure une navigation plus confortable mais plus longue en distance, et la vitesse du voilier, plus lent au près serré…

Presse-étoupe : joint d’étanchéité autour de l’arbre d’hélice, de la mèche du gouvernail. Il assure la rotation de l’axe en question tout en évitant les entrées d’eau.

Proscrits : un certain nombre de termes, de mots courants, sont proscrits à bord :

  • Rame / aviron
  • Corde / cordage, bout, ligne, etc.
  • Boussole / compas
  • Attacher / frapper, amarrer, arrimer
  • Vague / lame
  • Jeter l’ancre / mouiller
  • Escalier / descente
  • Lapin / animal aux grandes oreilles

Puits de chaine : compartiment dans laquelle est stockée la chaîne, généralement à l’avant du voilier. Pour un grand voilier comme Jasmin, les 100m de chaîne pèsent environ 330kg : on ne déplace pas ça à la main n’importe comment !

Q

Quart : demi moitié.

  • Passe-moi ton quart que j’te resserve un coup
  • Juste un demi, patron, ça ira bien

Quart : période de temps durant laquelle un ou plusieurs membres de l’équipage doivent assurer la veille et la sécurité du bateau, durant la nuit. L’organisation et la durée des quarts varient en fonction des pratiques et des capacités de chaque équipage. Des quarts de 2h semblent les plus fréquents. Nous avons opté pour des quarts de 3h qui nous permettent au moins 2 vraies heures de sommeil à chaque fois. Certaisn passent jusqu’à 6h seuls durant les quarts. Sans parler des navigateurs en solitaire…

Quête : angle d’inclinaison vertical du mât, dans le sens avant-arrière. Plus la quête est prononcée, même sur une portion supérieure du mât seulement, plus le voilier sera vif et aura tendance à lofer.

Quille : partie immergée et centrale de la coque, servant à lui conférer deux caractéristiques : un plan antidérive et un couple de redressement. Le premier est ce qui va permettre au voilier de naviger sur sa route sans être déporté par la composante latérale du vent. Le safran est un autre plan antidérive. Le couple de redressement est ce qui permet au voilier de rester dans sa position sur l’eau, c’est-à-dire avec le pont et le mât au-dessus de l’eau et pas en dessous. Si le voilier tend à giter, le lest de la quille s’oppose à ce mouvement. Si le voilier chavire, le couple de redressement le remettra dans le bon sens. Un voilier n’est pas étanche ni insubmersible, mais est presque impossible à couler grâce à ce principe.

R

Radar : système électronique permettant d’identifier à distance les obstacles : autres bateaux, rochers, icebergs, etc.) Le radar ne peut pas donner la nature de l’obstacle qu’il repère, mais couplé à d’autres instruments, comme l’AIS, il améliore la surveillance. Certains radars peuvent identifier les orages, les grains, ce qui peut s’avérer utile de nuit, pour anticiper un changement de route ou un ajustement des voiles.

Rafale : saute de vent, rapide et brusque, pouvant aller jusqu’à 50% de la vitesse du vent moyen.

Une rafale, puisqu’elle modifie la puissance du vent, modifie également le comportement du voilier.
On peut imaginer que le voilier bien réglé se contentera d’accélérer un peu, puisque ses voiles subiront la rafale en même temps. Cependant, dans tous les cas la rafale augmentera la gite du voilier, dont c’est le principe physique de base pour équilibrer les forces en jeu. Or, quand un voilier gite, il se produit deux choses. La forme de la partie immergée de sa coque n’est plus symétrique. Une plus grande partie se trouvera immergée sous le vent, du côté où le voilier s’incline, alors qu’une plus petite partie de la coque se trouvera du côté d’où vient le vent. L’équilibre des forces hydrodynamiques, qui tendent à s’opposer à l’avancée du voilier, se déplacera légèrement sur le côté, sous le vent. Dans le même temps il se passe un phénomène similaire dans la voilure : l’équilibre des forces aérodynamiques se déplace aussi sous le vent. Mais la taille du mât fait que ce point d’équilibre se déplace beaucoup plus latéralement que le point d’équilibre hydrodynamique. On a donc deux forces opposées (dans l’eau : une force qui tend à s’opposer à l’avancée du voilier, et au-dessus de l’eau une force qui tend à le faire avancer), qui ne sont plus situées l’une au-dessus de l’autre. On comprend bien que si on pousse vers l’avant du bateau au milieu du mât (pour l’exemple) et qu’on le retient aussi fort sur le côté de la coque, le bateau va pivoter. Vers le vent. Il va partir au lof ! La brusque rafale, dans un vent déjà fort, avec un bateau qui gite déjà, est l’ennemi du marin. Un de plus…

Raguer : user par frottement

Ragage : fait d’user par frottement. Le ragage peut mener à la rupture du gréement.

Rail : dispositif réglementaire permettant de canaliser, de séparer le trafic maritime, généralement entre deux voies opposées. Traverser un rail nécessite une très grande prudence pour un voilier qui se déplace à faible vitesse, et qui doit parfois passer entre deux tankers ou cargos très rapides. Mieux vaux traverser de jour avec tout l’équipage en vigilance, que de nuit.

  • On avait pris un rail peu après le départ, après ça allait mieux…

Réa : roue d’une poulie. Un réa est, par extension, toute pièce pivotante servant de support. Il y a les réas en tête de mât, dans lesquels passent les drisses. Il y a le réa sur lequel se déroule la chaine lors du mouillage.

Règle Cras : règle-rapporteur utilisée pour tracer une route sur une carte papier. Son usage nécessite un certain apprentissage, mais elle s’avère extrêmement ingénieuse.

Raide à la toile : se dit d’un voilier qui peut porter beaucoup de voiles en gitant peu. C’est le cas de certains voiliers de compétition, dont l’essentiel du poids est situé dans la quille.

  • Lui, on peut dire qu’il se tenait droit, fier : un vrai gitan !

Raidir : tirer sur un cordage pour le tendre, pour reprendre de la longueur, du mou, pour l’étarquer. Pour une écoute, on préfère utiliser le terme « border »

Refuse : on dit que le vent (apparent) refuse quand il se rapproche du cap du voilier. On passe ainsi, par exemple, d’une allure de petit largue à une allure de près bon plein. Il convient alors de border si on veut conserver le cap suivi, ou d’abattre si on préfère ne pas toucher aux voiles. Si on était au près serré, on s’arrête !

Renverse : moment où un courant, généralement dû à la marée, change de sens.

Retenue de bôme : la retenue de bôme est un cordage destiné à empêcher un empannage intempestif. Le bout est frappé sur la bôme, le plus en arrière possible, puis sur un point très en avant du mât, sur le côté où se trouve la bôme, en revenant au poste de barre via une poulie. En cas de changement de vent, au pire la bôme et donc la grand-voile se trouvera en « fausse panne » mais ne changera pas de côté violemment. La retenue de bôme est par exemple utile quand on porte les voiles en papillon par vent arrière : génois tangoné à l’avant, grand-voile sur l’autre bord à l’arrière.

Ridoir : dispositif destiné à raidir, à tendre un hauban.

Ris : dispositifs de petits cordages permettant de réduire la surface d’une voile. On les trouve souvent sur les grand-voiles classiques, quand elles ne sont pas sur enrouleur. Prendre un ris signifie réduire la surface de la voile, quand le vent forcit.

  • Qu’est-ce qu’on mange à midi ?
  • Le vent est frais, je vais faire du riz !

Roulis : mouvement du bateau le faisant basculer de bâbord à tribord, plus ou moins rapidement, avec plus ou moins d’ampleur. Le roulis rend le mouillage pénible.

Route : direction suivie par le bateau, généralement donnée par rapport au nord géographique, qui diffère parfois considérablement du nord magnétique. On distingue la route surface, parcourue par rapport à la surface de l’eau, de la route fond. La première tient compte du cap suivi par le bateau, corrigé par la dérive imposée au vent. La seconde tient compte, en plus, des courants. La route fond correspond à la route donnée par un GPS.

Routage : tout ce qui permet de préparer et planifier la route pour une destination choisie : vents, courants, marées, vent, obstacles, type de navire, etc.

S

Safran : partie plate du gouvernail du bateau

Sancir : chavirer par l’avant. Un bateau peut sancir, par gros temps, quand il navigue perpendiculairement aux lames et dans leur sens : une grosse déferlante peut le soulever puis lui enfoncer l’étrave dans la lame précédente ou dans le creux entre les deux. Le bateau pivote alors en s’enfonçant. C’est l’une des pires situations en navigation par gros temps. Les techniques pour éviter de sancir sont nombreuses, mais à l’évidence ne peuvent pas être pratiquées pour apprentissage…

Sextant : instrument servant à mesurer des angles de corps célestes (soleil, lune, étoiles, planètes) par rapport à l’horizon. Il mesure un sixième de cercle, soit 60°.

Shipchandler : commerçant vendant les fournitures pour les bateaux : accastillage, accessoires, produits d’entretien, équipements électriques, etc.).

Sillage : trace sur l’eau laissée par le bateau qui navigue.

Skipper : chef de bord, capitaine du bateau de plaisance. Le terme désigne souvent le barreur des voiliers de course.

Souquer : tirer fortement sur une amarre, un nœud, etc.

Sous le vent : côté opposé à celui d’où vient le vent. Sur un voilier, c’est le côté sur lequel le bateau va giter, c’est celui sur lequel seront établies les voiles. Sur une île, c’est la côte qui n’est pas frappée par les vents dominants, plus sèche, plus chaude.

Soute : compartiment au niveau inférieur du bateau, pour le stockage, le rangement.

Surliure : ligature réalisée avec une cordelette fine, souvent enduite de cire, servant à terminer proprement un cordage torsadé.

T

Tangage : oscillation longitudinale du bateau. C’est le tangage qui fait que l’avant du bateau plonge dans les vagues, soulève les embruns, recouvre le pont d’eau de mer puis lance l’étrave vers le ciel…

Tangon : espar fixé sur le mât, servant à maintenir éloigné le point d’écoute d’une voile d’avant.

Taquet : dispositif servant à bloquer un cordage. Il peut s’agir d’un taquet coinceur, qui permet de libérer le cordage à la demande, par exemple une écoute ; ou d’un taquet sur lequel on frappera un nœud approprié, par exemple pour une amarre.

Taud : abri de toile servant à protéger de la pluie, du soleil.

Tirant d’air : auteur de la partie émergée d’un bateau.

Tirant d’eau : hauteur de la partie immergée. Le tirant d’eau détermine la profondeur minimale de navigation, de mouillage, etc. On rajoute au tirant d’eau un « pied de pilote », une valeur arbitraire, servant de marge de sécurité. On doit tenir compte des marées, de la houle pour savoir si le bateau peut passer, mouiller, etc.

Tirer des bords : louvoyer en remontant le vent

Tonnage : mesure du volume d’un bateau.

Toron : ensemble de brins d’un cordage, fabriqués dans les Hauts de France.

  • Au nord, c’était les torons !

Touline : cordage fin, filin, lancé entre un bateau et la terre ou entre deux bateaux, permettant ensuite d’envoyer une amarre plus grosse, qui y est attachée.

Tourmentin : foc utilisé lors d’une tempête, de très petite taille, souvent orange vif.

Trainard : par gros temps, on désigne ainsi les aussières que l’on laisse filer à l’arrière du voilier afin de le ralentir. Les trainards peuvent être lestés, certains filent même leur ligne de mouillage. L’idée est de ralentir assez le voilier pour qu’il n’aille pas plus vite que les trains de houle, et lui éviter ainsi de sancir. Les avis sont partagés chez les marins, certains préférant fuir rapidement.

Tribord : côté droit d’un navire, quand on regarde vers l’avant.

Trinquette : foc de petite taille. Sur certains voiliers, la trinquette est installée à demeure, plus en arrière que le génois, nécessitant ainsi de rentrer le génois en entier à chaque changement de nord.

V

Vent : déplacement de l’air imputable à de nombreux phénomènes, souvent météorologiques. Le vent est désigné par la direction d’où il vient. La vitesse des vents est exprimée en nœuds (kts pour abréviation), un nœud étant un mile nautique parcouru en une heure. L’échelle de Beaufort est mondialement utilisée pour classifier un certain nombre de vitesses de vent, et de conditions de mer correspondantes. Comprendre le vent est essentiel pour exploiter les cartes de météo marine qui donnent les informations le concernant (direction, force, rafales).

Vent apparent : c’est le seul vent perçu sur un voilier qui se déplace, et le seul vent pris en compte pour le réglage des voiles et déterminer l’allure à laquelle on navigue. Le vent apparent est la composition du vent réel (le vent météo, que l’on percevrait et mesurerait à l’arrêt), et du vent vitesse provoqué par le déplacement du voilier. Le vent vitesse est celui que l’on ressent en roulant à vélo, en courant, en descendant une pente sur des skis, etc. Un vent de face empêchant un voilier d’avancer, sera assimilable au vent apparent, dans une certaine mesure. Mais si le bateau recule en raison du vent, on percevra sur le pont un vent dont on connaitra la direction, mais qui semblera moins fort qu’il n’est en réalité. Quand un vent réel de 20kts frappe le bateau à 90°, le voilier avance rapidement, par exemple à 10kts. Cette composition fait que l’on percevra sur le voilier un vent de 22kts venant 60°. On naviguera au près bon plein.

Dans certains cas spécifiques, par exemple quand un grand catamaran de sport double un voilier de croisière, on peut constater qu’à vent réel identique, par exemple ¾ arrière, le catamaran naviguera au près, toutes voiles bordées, alors que le voilier de grande croisière aura ses voiles établies au grand largue. L’allure à laquelle on navigue dépend du vent réel et du voilier lui-même.

Veste de quart : vêtement chaud, imperméable, adapté aux conditions de mer et en particulier à la salinité de l’eau, qui équipe le marin pour se protéger du vent, de la pluie, des embruns, du froid, etc. Elle est généralement équipée d’éléments réfléchissants facilitant le repérage par mauvis temps. Elle est complétée par une salopette étanche.

Virer : changer de direction en passant face au vent, à l’inverse de l’empannage. On dit alord virer de bord.

Virer : contourner une bouée, un obstacle.

Virer lof pour lof : empanner, changer d’allure en passant par le vent arrière.

Vit-de-mulet : pièce de métal reliant la bôme au mât.

VMG : “velocity made good”. C’est la vitesse qu’aura le voilier quand il aura le meilleur compromis entre cap suivi et vitesse, par rapport à sa destination. Les équipements d’électronique de bord d’aujourd’hui peuvent calculer en temps réel la VMG et prenant en compte le vent réel, le vent apparent, la vitesse du bateau sur l’eau, sur le fond et le point de destination. Tant que le bateau n’aura pas atteint la VMG en adoptant un autre cap, il n’optimisera pas son heure d’arrivée.

Voile : grande pièce de tissus, désormais synthétique ou mélangeant des vibres synthétiques et des fibres de carbone, qui assure la propulsion d’un voilier.

W

Winch : petit treuil à axe vertical, fortement démultiplié, parfois motorisé, qui permet de tirer fortement sur un cordage : hisser une voile en tirant sur sa drisse, border une écoute, etc.