de Minorque à Majorque

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Nous ne sommes restés que quelques jours à Minorque : le temps maussade et l’envie de descendre nous mettre au chaud aux Canaries puis au Cap Vert nous incite à ne pas nous attarder.

Nous profitons d’une belle journée pour aller à Majorque…

Lundi 5 octobre

Réveil à 8h, le départ est prévu pour 9h. Petit déjeuner, puis dégonflage des pare-battages, rangement des amarres de sécurité, installation du moteur de l’annexe sur son support et mise en place de l’annexe sous les bossoirs, paiement de la marina : tout ça prend un peu de temps.

Finalement c’est à 10h30 que le moteur est mis. Le temps de libérer les amarres et de se libérer des pendilles, nous quittons les pontons à 10h40.

11h20 : nous sortons du fjord de Mahon.

Nous sortons du fjord de Mahon

11h30 : nous établissons les voiles. Il faut descendre un peu Minorque pour trouver du vent. Faible au début il vient du SW : nous allons naviguer au près, tribord amure. Nous contournons la petite île au sud-est de Minorque : pas moyen de passer entre elle et la côte, nous aurions le vent dans le nez !

Comme le vent forcit déjà un peu dans les rafales nous réduisons le génois et la GV. L’ETA (l’heure d’arrivée estimée) oscille entre 23h et 2h du matin. Je recale l’itinéraire vers Porto Cristo, sur la côte est de Majorque : ETA à 23h !

Le vent monte encore un peu, sans être pénible : 15 à 18 nœuds, un peu plus dans les rafales. Notre vitesse tourne entre 5 et 7 nœuds : nous sommes légèrement sous-toilés, mais plus en confiance et en confort.

13h : 39°44.616N, 4°13.802E, cap au 250, VA 48°. Nous avons des creux d’1,5m en contournant l’île : Grisette n’est pas bien, Béa est « moyen »…

Quand on est patraque, rien ne vaut une bonne sieste...
Le soleil se couche, plus que quelques heures avant d'arriver

19h15 : Le vent est tombé, il faut se résoudre à repasser au moteur. Direction Cala Barcas, ou Cala Varques, un peu au sud de Porto Cristo. 35°30.312N, 3°35.543E, ETA 22h20, SOG 7,5 nœuds. La mer est calme, il y a quelques nuages, de la pluie au loin, au sud. La houle nous prend de tribord, le soleil se couche dans l’axe du bateau…

21h05 : nous arrivons enfin à Cala Barcas. Deux voiliers sont déjà ancrés là, au fond de la cala. On repère un peu les lieux avec une grosse lampe torche très puissante, et on mouille au milieu de l’entré de la cala, un peu à l’intérieur, sur un fond de sable.

12m annoncés, mais après avoir déroulé 35m de chaîne nous sommes sur 8m de fond. J’active mon alarme de mouillage sur l’iPhone : les petites falaises semblent bien proches dans la nuit…

On est au cap 270, mais le vent vient du NW : il ne devrait pas changer durant la nuit.

39°29.948N, 3°17.951E : le site est rouleur, tant pis, c’est mieux que de rester en mer pour aujourd’hui. La lune se lève, allons dormir…

Mardi 6 octobre

La nuit a été rouleuse et bruyante : il y a un truc qui cogne dans le mât à chaque oscillation, c’est pénible ! Le mouillage a bien tenu, sans alarme : c’est bon signe

9h : petit déjeuner, au soleil, pas de vent. Le vent rentre petit à petit, on évite et on se retrouve à 60m des falaises ! Nous pouvons rester ici mais il faudra nous repositionner. La météo annonce du sud puis du nord un peu fort ce dimanche. Je propose de descendre au sud de Majorque, aux îles Cabreras : pas de chance, on peut y naviguer mais le mouillage est interdit aux plus de 15m ! Je propose alors de descendre sur la grande plage au sud, où nous étions l’été dernier. Nous allons naviguer au près, avec un vent bien soutenu : si nous fatiguons, il sera toujours possible de faire un stop sur la côte est de Majorque.

Nous n'étions pas les seuls au mouillage.
Les petites falaises de Cala Varques, et ses fonds transparents

11h30 : on relève l’ancre et on part. Mise sous voile, 1 ris dans la GV et génois en entier. Le vent monte au fur et à mesure que nous nous éloignons de la côte. On prend des rafales à 15, 17, 20 nœuds : même scénario que l’été dernier, qui nous avait mis dans la galère : je décide de réduire en passant sous trinquette. On rentre le génois, on sort la trinquette. On laisse la GV bordée à plat, à l’équivalent d’un ris (je rappelle qu’on a une GV sur enrouleur…)
Réduction réussie, c’est plus calme, manœuvré réussie !

On file environ 7 nœuds durant près de 2h comme ça, avec un vent établi d’environ 20 nœuds, des rafales à 25. On est à 45/50° du vent apparent, c’est moi qui barre…
Au début, la GV me faisait lofer un peu trop, et trop fort : je l’ai choquée un peu, c’était bien plus confortable. La mer est agitée, elle moutonne autour de nous !

Urgence !

14h30 : l’épissure du point d’écoute de la trinquette tâche soudain ! Urgence, la voile fouette dans tous les sens ! On rentre donc la trinquette face au vent, puis la GV : nous allons essayer de nous replier sur Cala d’Or. Nous pourrions y aller sous l’autre bord, avec la trinquette, mais Béatrice n’a pas confiance dans l’autre épissure, et je suis d’accord avec elle. Alors je rallume le moteur : 1h à naviguer, on verra bien s’ils ont de la place…

Une fois arrivés, je regarde l’épissure en question : 10cm d’âme seulement rentrés dans la gaine, il n’y avait aucune chance que ça tienne ! Étrange que ça ait tenu si longtemps…

Comme l’écoute en question est un poil courte, il est possible qu’il n’y ait pas eu assez de longueur pour faire une épissure double tresse normale. Un banal nœud de chaise aurait alors été mieux qu’une épissure approximative !
Je regarderai ça demain : il faudra que je vérifie toutes les épissures de tous mes cordages. Quelques heures de boulot si je dois les refaire…

Allez, on dit qu’un voilier, c’est un problème par jour. Jusqu’ici ça semble vrai…

Dans l’histoire, l’un des porte-gobelets fixés aux postes de barre a été arraché par l’écoute : il a miraculeusement arêté sa course à deux doigts de tomber à l’eau !

Mercredi 7 octobre

Nous avons donc finalement pu aller à la marina de Cala d’Or. Un coup de 120€. Pas simple de s’y installer, entre deux grosses vedettes et avec du vent ! Douches, restaurant, dodo : ça fait du bien.

La marina de Cala d'Or, de nuit...

Ce matin petit déjeuner au restaurant du coin. Puis réparation de la jauge de gasoil du réservoir principal : elle indique toujours « plein » depuis notre départ de La Grande Motte ! En fin de compte, c’est juste une cosse qui était déconnectée, probablement accidentellement par le menuisier quand il a posé le meuble dans la cabine.

J’ai quand même cherché longtemps, et franchement, c’est peu accessible !

Bon, désormais ce réservoir « plein » affiche désormais « ¼ » : il faudra songer à refaire le plein bientôt…

Nous quittons la marina vers 13h. Mise sous voiles à 13h30. Trinquette et GV sur 1 ris pour commencer. Tribord amure nous descendons au sud. Le vent est faiblard, nous passons sous génois. Rapidement Jasmin trouve son rythme. Le vent monte un peu. De rafale en rafale on passe bientôt à 20 nœuds établis, à 45° du vent apparent, et une vitesse de 6 à 7 nœuds. Nous pourrions aller un peu plus vite en réglant mieux les voiles. Mais nous giterions alors franchement et il nous faudrait réduire la toile sérieusement…

Un peu de gite, mais pas de problème : Béa est connectée !

14h30 : rafales entre 25 et 30 nœuds ! Il est grand temps de réduire ! Je propose de rentrer d’abord la GV puis le génois. Bien qu’en bon marin j’aurais dû faire l’inverse.

Cette rapide montée du vent me rappelle la mésaventure que nous avons eue ici même, l’année dernière. Cette fois, tout fonctionne bien…

Bref, je remonte un peu au vent, doucement, et soudain le vent tourne d’un coup, sans alerte. Les deux voiles passent à contre : je choque la GV, le génois est en appui sur les barres de flèche : nous sommes à la cape. Et le vent tombe presque immédiatement à presque rien…

Comme c’est un moment de calme, on en profite pour donner un peu à manger à Grisette, qui ne mange rien depuis des jours. Béa lui a acheté du poisson : elle se régale !

Grisette aime le poisson !
Le plaisir de croquer avec soin, en penchant la tête...

Le vent reste à zéro, alors on repasse au moteur : fatalité de la Méditerranée.

Sur la grande plage des Salines, où j’ai prévu de mouiller, la houle sud-est qui rentre rend l’installation pénible. Alors on va s’abriter dans la petite marina de Sa Ràpita. 116€ la nuit. Installation sur pendilles, toujours un peu difficile.

On se branche au quai : pas de 230V ! Un phénomène que j’avais déjà eu à La Grande Motte, et dont l’origine était, d’après l’électricien, les chargeurs 230/24V qui étaient en train de lâcher. Mais là, ils sont neufs !

Il me faudra 1h30 pour trouver le problème : c’est bêtement la prise de quai qui est défectueuse. Oxydée jusqu’à l’os ! J’en ai une autre, je la change : tout rentre dans l’ordre.

Ce soir, un peu de poulet cuit à la poêle et de l’aligot acheté avant de partir, et dodo…

La prise de quai était HS depuis longtemps !
à Sa Ràpita, les douches sont conviviales...

Jeudi 8 octobre

Le ciel est gris ce matin, mais ça ne dure pas. On passe au grand bleu avec quelques nuages d’altitude assez vite.

Petit déjeuner tranquille, le vent est totalement tombé. Béatrice a mal dormi…

Nettoyage des filtres des pompes du groupe d’eau, douches. On fait le plein de gasoil : 220l dans le réservoir secondaire, 375 dans le principal, qui en contient en principe 400 ! 750€ : 1€26/l, le gasoil est cher ici…

Nous prenons la mer vers midi, direction Cala Blanca, vers la pointe SW de Majorque, de l’autre côté de la baie de Palma. 5h de navigation calme, sans vent. Encore une fois…

Le mouillage est facile, étrave vers le sud. Nous resterons peut-être ici un ou deux jours, avant d’aller à Andratx, juste à côté.

En longeant le sud de Majorque
Pas de vent ? Pas grave, on profite...

Samedi 10 octobre

Nos sommes donc restés deux nuits au mouillage à Cala Blanca, très rouleur malgré l’absence de vent : c’était un peu pénible. Nous sommes allés manger hier soir au restaurant du golf : super ! Jean-Philippe me dira plus tard que nous y avions probablement déjà mangé il y a quelques années, à l’occasion de la semaine que nous avions passé à Majorque « catamaran+golf ».

J’ai installé nos photos sur les murs, et Béatrice a aujourd’hui fait ses premiers tours avec l’annexe !

Quelques photos de nos voyages accrochées au mur du carré
L'excellent restaurant du golf d'Andratx

Midi : nous levons l’ancre pour un saut de puce, direction Andratx. Il nous faut une petite heure pour y arriver. La marina est pleine : il y a une régate ce week-end. Tant pis, nous nous replions sur une bouée, à droite en entrant dans le fjord. Notre première prise de coffre avec Jasmin.

Préparation hasardeuse à la première tentative, personne n’est là pour nous assister : échec. Nous repartons donc vers le large pour mieux nous accorder et bien préparer la manœuvre.

Je confie la barre à Béa, je m’occupe de l’amarrage. Je frappe une très grande amarre sur le taquet avant que je ramène sur la jupe arrière en la passant « tout dehors ». Nous faisons la prise de bouée en marche arrière, avec une excellente visibilité sur ce que nous faisons. Une grosse bouée, n°67, pour repérer l’emplacement qui nous a été assigné, et une plus petite au bout d’une grande boucle de double câblot de 30mm. Je l’attrape au passage, Béatrice manœuvre avec précision. Je peux alors ramener mon amarre vers l’avant, en déhalant Jasmin. Un petit coup de propulseur pour la mise en place finale, je frappe mon amarre : ça y est, nous sommes en place.

La journée sera consacrée au repos, et au restaurant, le soir venu. Il n’y a plus un souffle de vent, nous sommes à l’abri : la nuit s’annonce bonne. Demain nous resterons encore ici, et on verra pour descendre sur Ibiza lundi, ou dans la nuit de lundi à mardi…

Arrivée à Andratx
Prise de coffre réussie !
En face de nous, Andratx...

Dimanche 11 octobre, Andratx

Rien à signaler. Il pleut, on reste à l’abri. Deux nuits très rouleuses : nous sommes à l’entrée de la zone d’amarrage, nous prenons en plein la houle du large. Nuits difficiles, encore !

Demain, départ pour Ibiza : la saison n’est plus au tourisme, j’ai hâte d’arriver à Gibraltar puis aux Canaries…

à suivre…

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À méditer…

J’adore le sentiment d’anonymat dans une ville où je ne suis jamais allé auparavant.

Bill Bryson